Les alternatives écologiques aux combinaisons de surf néoprène

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Quel bel exemple de paradoxe : nos combinaisons de surf nous permettent de profiter le plus longtemps possible des merveilleux spots que la nature nous offre et en contrepartie elles la détruisent pendant leur cycle de fabrication et d’élimination.

Dans cet article nous allons voir pourquoi nos combinaisons polluent et quelles sont les alternatives émergentes pour enrayer ce problème.

Mais en fait, de quoi se compose nos combis de surf ?


Peu de gens se posent cette question au moment d’acheter ou de renouveler leur combinaison. Certainement parce que tout le monde pense que toutes les combinaisons se composent de la même matière.

Jusqu’à présent ce n’était pas complètement faux mais nous allons voir qu’il y a quelques différences à connaitre et surtout que des innovations plus écologiques sont en train de faire leurs preuves.

Effectivement, aujourd’hui la très grande majorité des combinaisons se compose principalement de néoprène. Il dispose de caractéristiques très intéressantes comme la souplesse, l’isolation thermique ou encore la résistance aux usures. Le néoprène ou encore le polychloroprene est un caoutchouc synthétique qui peut être fabriqué à partir de deux matières premières : le pétrole ou le calcaire (limestone).

Pollution production combinaisons de surf néoprène

Pour le pétrole la matière première qui servira à obtenir le néoprène est le buta-1,3-diène. Pour l’obtenir le pétrole va subir une distillation puis un craquage.

Dans le cas du calcaire, la matière première est l’acétylène. Pour synthétiser ce composé chimique, le calcaire se place avec du charbon de bois dans un four à très haute température (1700°C).

schéma deux méthodes fabrication néoprène

Une fois ces deux matières premières obtenues, les deux procédés de fabrication du néoprène sont sensiblement identiques et consistent à appliquer une série de transformations chimiques (polymérisation et vulcanisation) pour obtenir le même polymère : le polychloroprene = néoprène.

En complément du néoprène, les combinaisons contiennent également du polyester (également produit à base de pétrole) utilisé pour les doublures intérieures et extérieures et des colles à base de solvants.

Impacts du néoprène sur l’environnement et sur notre santé


Je pense que tu l’as compris, les combinaisons à base de néoprène (pétrole et calcaire) présentent un bilan environnemental très mauvais dont voici les principaux impacts :

  • Ressource non renouvelable
  • Emissions de carbone très importante pendant les phases d’extraction (exploration et forage pour le pétrole et exploitation minière pour le calcaire) et de transformation de la matière première
  • Forte consommation énergétique notamment pour le calcaire qui nécessite un passage dans un four à très haute température pour la synthèse de l’acétylène
  • Le néoprène n’est pas biodégradable
  • Aucune filière de collecte pour le recyclage du néoprène n’existe à ce jour et nos vielles combinaisons sont soit enfouies soit incinérées
  • Pollution de l’air avec les émissions de COV (composés organiques volatives) lors de l’utilisation des solvants pour les étapes de collage

En plus de nuire à l’environnement nos combinaisons néoprène peuvent également provoquer des allergies de peau pour certains utilisateurs.

Alors oui on peut dire que l’impact environnemental du néoprène à base de calcaire est moins pire que celui à base de pétrole car il permet notamment d’éviter les catastrophes environnementales liées à l’exploration et au forage du pétrole. 

explosion plateforme pétrolière

Mais la vérité est que les deux procédés de fabrication du néoprène restent très polluants.

Le caoutchouc naturel, une solution alternative d’avenir


Conscientes de l’empreinte environnementale des combinaisons à base de néoprène, certaines marques de surf, dont la plus emblématique Patagonia, travaillent depuis plusieurs années à l’élaboration d’une solution alternative plus écologique.

En s’associant en 2008 avec la société Yulex, Patagonia a été la première à mettre au point un matériau de substitution renouvelable et végétal :  le caoutchouc naturel !

Obtenu après transformation du latex d’Hévéa, arbre originaire de la forêt amazonienne et d’Amérique centrale, cette matière première renouvelable est ensuite traitée selon un procédé qui élimine 99% des impuretés. En plus d’être aussi performant que le néoprène, le caoutchouc naturel est également hypoallergénique.

caoutchouc naturel obtenu de l'hévéa
Saignée dans l’hévéa permettant de récolter le latex qui donnera ensuite le caoutchouc naturel

Malheureusement tout n’est pas rose avec le caoutchouc naturel. Il est très prisé pour l’industrie du pneumatique ce qui en fait une matière première soumise à de fortes tensions. Dans certaines régions du monde, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est, la culture de l’hévéa suit le même chemin dramatique que l’huile de palme. Pour répondre aux besoins toujours croissants du secteur des pneumatiques, ces régions n’hésitent pas à déforester massivement éliminant progressivement la biodiversité locale.

Pour que le caoutchouc naturel soit une réelle alternative écologique au néoprène, il faut donc s’assurer au préalable qu’il provienne de plantations d’hévéa durablement gérées et certifiées FSC (Forest Stewardship CouncilTM). Lorsque ces critères sont respectés, la fabrication des combinaisons de surf en caoutchouc naturel permet de réduire entre 70 et 80% des émissions de CO2.

A lire aussi :

Comment choisir sa combinaison de surf : le guide complet

Comment entretenir et laver sa combinaison de surf ?

Des performances au rendez-vous


Cela fait maintenant trois ans que les combinaisons de surf sans néoprène se propagent petit à petit sur les spots du monde entier. Grâce au gros travail de recherche et développement réalisé par les marques de surf et leurs fournisseurs et également aux tests et aux premiers retours utilisateurs, il est désormais possible d’affirmer que les combinaisons de surf sans néoprène présentent des performances techniques (chaleur, flex, séchage rapide, durée de vie…) identiques voir meilleures que leurs ancêtres en néoprène.

Lorsque l’on enfile une combinaison de surf en caoutchouc naturel pour la première fois, la première impression laisse imaginer un léger manque de souplesse. Mais rassurez-vous, après quelques minutes dans l’eau à vous faire rincer, cette sensation disparaîtra pour laisser place à une sensation d’harmonie avec la nature 🙂

combinaisons yulex et naturalprene flex
Alors elle n’est pas flex la combi écolo…

Et toi, tu as déjà essayé une combinaison sans néoprène ?
N’hésite pas à nous dire en commentaire ce que tu en as pensé…


23 Commentaires sur “Les alternatives écologiques aux combinaisons de surf néoprène

  1. Christelle dit:

    Intéressant! Merci pour le partage 🙂 On pourrait ajouter un paragraphe sur « comment recycler sa combinaison » avec Néocombine par exemple, qui récupère des combinaisons pour en faire des bracelets ou le don à des associations caritatives. Personnellement, j’apporte les miennes au magasin Rip curl à Soorts-Hossegor qui les recycle.

    • Pierre Barbez dit:

      Salut Christelle,

      Merci pour ton gentil mot.

      En effet dans cet article nous n’avons abordé que la partie « conception » des combinaisons. Dans un futur article nous creuserons les sujets avals, comme la réparation et le upcycling (c’est ce que propose Néocombine) … en ce qui concerne le recyclage à proprement parlé, malheureusement aujourd’hui on ne peut pas faire grand chose de nos combinaisons…

    • Steeve dit:

      Hello,

      j’ai la maman d’un ami qui me prend 2 anciennes combi pour en faire une protection de siège pour rentrer de session l’hiver… c’est ça en moins à la poubelle….

    • Chevalier lionel dit:

      Bonjour j’ai un projet de fabrication d objet pourriez vous me donner un contacte afin que je puisse faire une étude avec le produit bio je voudrais faire un comparatif de pris afin de pouvoir faire mais démarche à la banque merci et bravo pour cette solution qui va permettre de faire durer notre planète

  2. Nathalie dit:

    Bonjour, j ai lu attentivement cet article. J ai des allergies et la combinaison en ecoprene de picture m en provoque aussi. Je n ai pas vraiment saisi si celle en yulex de patagonia était radicalement différente et si ça valait le coup que je l essaye. Merci

    • Vincent Canu dit:

      Salut Nathalie. Il est essentiel de trouver quel composant te provoque l’allergie. Il est possible que ce soit le néoprène ou les produits chimiques utilisés pour traiter le néoprène. Si tel est le cas alors c’est normal que la combinaison Picture te provoque des allergies étant donné qu’elle est fabriquée à 70% à base de néoprène (calcaire) et 30% de pneus recyclés. L’ensemble de cette composition est appelée EICOPRENE. Dans ce cas, il serait effectivement intéressant de tester une combinaison fabriquée à base de caoutchouc naturel hypoallergénique Yulex proposée par plusieurs marques comme Patagonia ou encore certains modèles de Sooruz. Par contre il est possible que ton allergie vienne d’autres produits entrant dans la composition des combinaisons comme par exemple la colle. As-tu déjà essayé de porter un lycra sous ta combinaison ?

    • Pierre Barbez dit:

      Salut Amaury,
      Merci pour ton retour et le partage de l’article, très intéressant !
      On est 100% d’accord avec toi.
      Tout d’abord il faut prendre soin de sa combinaison (ne jamais la laisser sécher sur un cintre par exemple !!!)
      Puis, il faut la réparer (ou la faire réparer si elle a un accro)… l’objectif est de la garder le plus longtemps possible.
      Au final lorsqu’elle est complètement morte … on peut privilégier l’achat d’une combinaison neuve, si possible faite avec une matière et des conditions qui respectent l’homme et la nature.
      Pierre

  3. Efflam dit:

    Perso j’ai choisi une 4-3 Picture Naturalprène il y a 2 ans pour les sessions d’hiver sur la côte basque. Je voulais une marque française, green, je n’avais de toute façon pas le budget pour la Pata et des potes m’avaient dit les trouver un peu raide…
    À ce jour de mai 2019 j’ai dû surfer une vingtaine de fois avec (oui, la saison dernière a été un peu pauvre pour moi 🙁 et J’EN SUIS TRÈS CONTENT. Isolation thermique, confort et élasticité sont au rdv. Pour l’instant aucune trace d’usure. Je recommande donc.

    • Pierre Barbez dit:

      Salut Efflam,

      Merci beaucoup pour ce retour d’expérience qui sera je pense très utile à tous.
      Acheter éco-responsable c’est top, mais il faut que le produit soit durable, sinon cela ne sert pas la cause.
      J’espère que la « saison prochaine » sera meilleure 😉

      Au sujet des combinaison, nous finissons la rédaction d’un article sur les marques de combinaisons éco-responsables disponibles sur le marché Français. Il devrait être en ligne la semaine prochaine.

  4. bix dit:

    j’utilise une naturalprene 2-3 de picture (mais ils ont arrêté cette mousse) et une naturalprene 4mm de sooruz. Je les trouve agréables et n’ai pas remarqué (en kite) de grosse différence de souplesse, par contre je déteste toujours les no-zip 🙂

  5. steeve dit:

    Bonjour,
    Si je comprends bien :
    Vissla 7seas: limestone : pas bon
    Sooruz Fighter : limestone : pas bon
    Patagonia : Yulex : ok
    Picture : en vois d’amélioration car il y a quand même du bon (pneus recyclés) et du moins bon (Limestone).
    Deeply : un coup bon (yulex) un coup mauvais (limestone)

    Beaucoup de marques vantent le milestone comme étant écologique…
    Mise à part le Yulex, j’ai l’impression que le reste ,’est pas vraiment écologique….

    • Pierre Barbez dit:

      Oui malheureusement c’est bien possible. Pas au niveau du néoprène ou « caoutchouc », mais au niveau de la doublure, qui a besoin d’être souple et résistante.

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