Rencontre avec Ludwig Bianchin, un snowboarder qui a du chien

Salut Ludwig, peux-tu nous raconter ton histoire en quelques mots ?

À 28 ans, je peux dire qu’aujourd’hui je suis une personne épanouie sur tous les plans, je fais un métier que j’adore (Sapeur-Pompier), je suis entouré des gens que j’aime, et ce dans un cadre idyllique (j’habite à Saint-Gervais). Mais j’ai traversé beaucoup d’épreuves pour en arriver là, dont un bon nombre de blessures qui auraient pu compromettre mon avenir professionnel.

Durant mon adolescence et mes études je n’ai jamais eu l’occasion de me consacrer un hiver complet à ma passion. Entre deux cours (les professeurs étaient conciliants) je me trouvais un peu de temps libre pour pratiquer le freestyle. J’ai gagné pas mal de compétitions et cela m’a permis de décrocher mes premiers sponsors dès l’âge de 15 ans. J’ai obtenu deux titres de champion régional et un de champion de France. Lorsque j’ai eu 19 ans, je me suis ensuite tourné vers le freeride. Mais comme je l’ai dit … les blessures en freestyle ne m’ont pas épargnées (à 15/18 et 21 ans), mettant fin à mes ambitions de compétiteurs et m’axant plus vers « l’image ».


 » trois jours en montagne en totale autonomie à dormir dans des igloos qu’on avait fabriqué « 


Comment es-tu arrivé dans le snow ?

Je suis né dans la vallée de l’Arve (à proximité de Chamonix), il a été donc difficile pour moi de ne pas tomber amoureux de la montagne et des sports qui en découlent… j’ai commencé par le ski, à l’âge de mes premiers pas. Puis ma maman, qui a eu une excellente initiative, m’a mis sur un snowboard, depuis je ne l’ai jamais quitté et j’ai laissé les deux planches de côtés. Par la suite j’ai rejoins l’association sportive de mon collège, puis de mon lycée. Cela m’a permis de progresser et surtout de me faire pas mal d’amis avec qui on repoussait nos limites quotidiennement. C’est vraiment cet esprit là que j’aime dans le snowboard, des sessions entre amis à la découverte de nouvelles choses grâces aux expériences de chacun.

Ludwig avec son chien Djena.


Peux-tu nous décrire ton quotidien ?

Je suis encore en formation jusqu’à la fin de l’hiver. Mon quotidien, c’est de l’apprentissage, du sport, des moments de bonheur et de la remise en question perpétuelle. Dès que je ne travail pas, il faut que je sois dehors. Bien sûr comme tout le monde j’ai mes journées de « Farniente », mais en général j’ai le besoin de bouger et de faire du sport. L’hiver, j’essaye de trouver la meilleure neige possible. J’adore rider avec des personnes ayant un bon niveau, mon frère me fait bien chauffer les cuisses, c’est un excellent skieur en Freeride. J’essaie toujours de découvrir d’autres spots et de me créer de nouveaux souvenirs, je trouve qu’il est important de ne pas rester sur ses bases et de sortir de son confort.

Raconte nous ta meilleure session ? Et explique nous pourquoi c’était la meilleure?

J’ai quelques sessions assez mémorables, un sunset avec un champ de poudreuse, où tu commences à rider et tu te retrouves avec ton meilleur pote au milieu d’un troupeau de chevreuils qui fait voler de la neige devant toi… ou trois jours en montagne en totale autonomie à dormir dans des igloos qu’on avait fabriqué. La journée, on allait chercher les spots et le soir petit BBQ sous les étoiles… et pour cette année, ce serait une belle randonnée en splitboard avec mon chien qui a adoré descendre le couloir sur mes épaules. C’est de ce genre de sessions dont je me souviendrai toute ma vie.


Pratiques-tu d’autres sports de glisse ?

Je ne pratique pas réellement d’autres sports de glisse, je ne suis pas à l’aise quand je n’ai pas les deux pieds attachés sur la même planche, alors ça restreint… mais ça ne m’empêche pas de faire pas mal d’activités. Je fais beaucoup de vélo (VTT et route), du running, parapente, paddle, escalade, Via ferrata …


Et à part le snowboard, quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Mon travail est une de mes passions, et c’est un rêve de pouvoir en vivre. Comme disait « Confucius »  si tu choisis un travail que tu aimes, tu n’auras jamais à travailler un seul jour de ta vie.

Le sport en général fait partie de mes hoobies. J’aime aussi voyager, découvrir de nouvelles expériences et repousser mes limites.


 » je vois qu’on a de moins en moins de neige pendant nos hivers, il fait de plus en plus chaud, et je note une augmentation de la fréquentation dans nos stations.  »


Depuis que tu as commencé le snow, est-ce que tu as vu tes spots préférés se dégrader ?

Disons que je n’ai pas réellement vu mes spots se dégrader, cherchant des couloirs ou des pentes vierges, elles le sont toujours autant. Par contre je vois qu’on a de moins en moins de neige pendant nos hivers, il fait de plus en plus chaud, et je note une augmentation de la fréquentation dans nos stations. Ce qui a un impact non négligeable sur la pollution… plus de voitures, plus de déchets … etc. Même si les mœurs changent et évoluent, encore beaucoup trop de personnes prennent la montagne comme un dû et ne la respecte pas.


Est-ce que cela change ta façon d’aborder ta passion ? Si oui, comment ?
Cette fréquentation m’a fait changer ma façon de rider. Je vais beaucoup moins sur les pistes et pratique de plus en plus le splitboard, surtout pendant les périodes de vacances scolaires, je ne vois pas l’intérêt de descendre une piste pour faire un slalom humain et attendre comme à Disneyland pour faire une remontée…


Quels conseils peux-tu donner aux riders qui veulent réduire leur impact sur l’environnement ?

Je pense que chacun, à son échelle, peut faire des petites choses pour l’environnement. En ce qui me concerne j’ai adopté ces principes :

– J’utilise du fart écologique et non polluant, et oui ça reste une substance chimique…

– Je ne fume pas mais j’ai toujours un cendrier de poche, pour le monsieur X que tous le monde a déjà vu et qui balance son mégot du télésiège.

– Quand je vois un déchet qui traîne dans la montagne, je le mets dans ma poche ou dans mon sac et le jette à la fin de la session.

– J’essaye de rider sur du matériel éco-conçu, par exemple en ce moment ma board c’est l’Arcane 163 de Boréalis.

– Je co-voiture au maximum.

On peut toujours faire plus… aujourd’hui je me dis que quelques petites actions peuvent faire bouger les choses si chacun y met du sien.


Quels sont tes projets pour 2019 ?

Je souhaite valider ma formation, et me trouver de nouveaux projets, de nouvelles aventures et voyager, car j’ai réussi à atteindre un de mes objectifs de vie, laissant place à d’autres ambitions !


Que penses-tu du guide du « TOP 50 des marques de glisse éco-responsables » ?

Je pense que ce guide est une belle solution, pour les riders voulant s’associer à une démarche écologique dans leur pratique sportive. Ridant sur Boréalis, je comprends tout à fait le concept et incite les personnes à jeter un coup d’œil au guide afin de faciliter leur achat et prendre conscience de l’importance de cette démarche.

Quel rider peux tu nous recommander pour une prochaine interview ?

Arnaud Lesueur, un rider expérimenté en ski, avec qui j’ai progressé et passé une partie de mon adolescence, il vit aussi de son autre passion, la photographie.

Suivez les aventures de Ludwig sur les réseaux sociaux, il y a même des vidéos de Djena sur les pentes :
Facebook : www.facebook.com/fratellibianchin/

Photos : Arnaud Lesueur et Arthus Kauffeisen


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *