Rencontre avec Clément et Mathieu. Les fondateurs d’Hopaal tombent le masque.

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Ce mois-ci nous sommes allés à la rencontre de Mathieu Couacault et Clément Maulavé, les 2 fondateurs de la marque Hopaal. Si tu ne connais pas encore Hopaal, c’est une marque de vêtements fabriqués en France à partir de matières 100% recyclées ou bio, bref, des puristes !
On était très curieux de connaitre les secrets de la naissance de leur marque, mais aussi leur rapport avec la glisse (et plus particulièrement le surf) et l’écologie.


Pouvez-vous nous raconter votre histoire personnelle et votre rencontre ?

Mathieu Couacault : Avec Clément on s’est rencontré pendant nos études en école de commerce sur Toulouse, c’était en 2013. On s’est rapidement bien entendu parce qu’on avait une passion commune pour les sports outdoor. A la base on était juste des copains d’école, on n’avait aucune ambition de monter une boite ou une marque ensemble.

Je suis de Bretagne, et plus exactement de Saint Malo. Forcément, venant du bord de mer j’ai tout de suite été attiré par les sports aquatiques et plus précisément la voile. L’été, j’étais même moniteur de voile. Ça fait cool à dire comme ça mais, en réalité, c’est super frustrant. Tu fais ça parce que tu adores la voile et au final tu passes ton Été sur un Zodiac à cramer du pétrole !

Clément Maulavé : Moi je viens de Valence, donc je suis à la base plus un gars de la montagne et du ski. Petit, j’ai rapidement suivi mes parents et mon grand frère sur des randonnées. Mais depuis qu’on s’est installé dans le Pays Basque, ça y est j’ai mis les pieds dans l’eau.

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Clément jamais sans son cactus … et sa board.


A quel moment de votre rencontre avez-vous décidé de créer quelque chose ensemble ?

Mathieu : Ce qui est marrant, c’est que cette idée a germé ici, dans le Pays Basque. C’était l’été 2015, on était étudiant entre le Master 1 et le Master 2. Clément avait un job d’étudiant dans un école de surf sur la côte et moi chez Tribord à Hendaye. Vu qu’on se connaissait de Toulouse on a passé pas mal de temps ensemble, enfin surtout sur l’eau.

C’est à ce moment là que Clément a commencé à lire des livres sur l’écologie et l’entrepreneuriat (“Confession d’un entrepreneur” d’Yvon Chouinard, le fondateur de Patagonia). Comme il vivait au camping, il faisait livrer tous ses bouquins chez moi. On les a lu ensemble, et on y a trouvé notre inspiration. C’est ça qui nous a donné l’idée au départ de créer quelque chose en rapport avec la protection de l’environnement. A ce moment là, nous n’avions pas d’idée précise sur quoi ni comment. Et puis Clément est parti faire des études dans le textile. Il y a découvert des pratiques aberrantes et d’autres beaucoup plus responsables, et de fils en aiguille (très à propos !!) on s’est dit qu’on pourrait faire des vêtements avec le moins d’impact possible, voire même un impact positif. Et c’est ce qu’on a fait.

La société grossissait, on venait d’expédier 1300 pulls du futur. Il y en avait partout dans l’appart qu’on louait. Avec Clément on vivait en colocation au milieu de tout notre stock !

Mathieu


C’est donc à ce moment la que vous avez créé la société Hopaal ?

Mathieu : Oui, exactement. On a créé Hopaal pendant nos études sur Toulouse. Puis quand on a obtenu notre diplôme on s’est lancé à 100% dans l’aventure. A l’époque on avait 23 ans et c’était notre première expérience. On s’amuse à dire qu’on n’a donc jamais vraiment “travaillé”.

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Alors Clément ou Mathieu ??


Et alors, comment êtes vous arrivé dans le Pays Basque ?

Mathieu : La question du déménagement s’est posée pour la première fois en Décembre 2017. La société grossissait, on venait d’expédier 1300 pulls du futur. Il y en avait partout dans l’appart qu’on louait. Avec Clément on vivait en colocation au milieu de tout notre stock ! A cette époque on était 3 a bosser pour Hopaal. Ça commençait à devenir chaud niveau place … On s’est donc mis à la recherche de bureaux avec une zone de stockage.

On s’est rendu compte qu’on était sur Toulouse parce qu’on y avait fait nos études, mais on n’y avait pas d’attache particulière. C’est cool comme ville, mais on voulait être plus proche des activités outdoor. Et comme avec Clément, on avait bien aimé notre passage dans le Pays Basque, on s’est dit pourquoi pas essayer de s’y installer. Et puis c’était aussi pertinent pour la marque. Entre Hossegor, Biarritz et Anglet, il y a plein de marques (Tribord, Rip Curl, Quiksilver, etc…). Ce n’est pas vraiment pour les interactions avec ces marques, mais pour tout l’écosystème qui gravite autour. Cela nous permet de bénéficier de photographes, designers, agences web, etc… 

Clément : En fait c’était un super compromis entre le pro et le perso. Le truc qui nous faisait un peu peur c’était pour le recrutement. En étant éloigné de Paris on pensait avoir du mal a attirer certains profils, mais en fait pas du tout, je dirais même au contraire. Il y a de plus en plus de personnes qui cherchent à partir en province, à la recherche d’un cadre de vie plus sympa et plus calme, le slowlife en gros. On reçoit même de plus en plus de candidatures spontanées.
On est arrivé ici en Mars 2018 un peu comme des “bourrins”. On a pris un camion, tous nos cartons et on s’est pointé ici dans les bâtiments de la CCI. On savait qu’il y avait un bureau de libre, on a fait le comité d’agrément dans la journée et on a emménagé le soir même.

Maintenant que vous êtes dans le pays Basque, à deux pas de l’Océan, c’est quoi vos journées types ?

Clément : En fait on s’est pas mal inspiré du livre Liberté & Cie qui explique la liberté au travail. Aujourd’hui notre équipe n’est composée “que” de 6 personnes, mais on essaie de mettre en place cette philosophie. Notre credo c’est que la liberté va avec les responsabilités. Donc si tu veux aller surfer le matin, tant que le travail est fait, libre à toi de t’organiser comme tu veux. Nous on est là pour te fournir un cadre, des méthodes de travail et faciliter ton organisation.

Mathieu :  C’est beaucoup de bon sens. Si j’ai un truc à faire et que cela ne change strictement rien en terme de conséquence pour l’équipe, que je le fasse le matin, l’après midi  ou le soir ne change rien. Si les conditions le permettent, on préfère se faire une bonne session dans l’après midi, puis revenir finir le taf après. Plutôt que de rester le cul sur la chaise jusqu’à 18h en sachant qu’on loupe une super session. A part accumuler de la frustration cela ne sert à rien. C’est même contre productif.

Si les conditions le permettent, on préfère se faire une bonne session dans l’après midi, puis revenir finir le taf après. Plutôt que de rester le cul sur la chaise jusqu’à 18h en sachant qu’on loupe une super session. A part accumuler de la frustration cela ne sert à rien.

Mathieu


Ça ne doit pas être facile à mettre en place ?

Clément : Ce n’est pas si compliqué que cela, ça se fait naturellement. A partir du moment où on respecte le fait que la liberté ne doit pas nuire à la cohésion, ça se passe super bien. En fait tout se passe au niveau du recrutement, on cherche des personnes empathiques et bienveillantes. Les heures ont une forte corrélation avec le travail effectué, mais la finalité c’est qu’on n’est pas là pour faire des heures. On est là pour faire des produits. Des fois on a des coups de bourres et il faut en faire plus et des fois c’est plus calme (même si c’est rare…) et on a plus de temps pour partir en session.

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Mathieu et sa fameuse gourde.


Quel est votre spot de surf préféré ?

Clément : Moi je ne suis pas du tout attaché à un spot. Le principal c’est la glisse plaisir ! Tu me dis qu’on va surfer ce midi à Anglet, “je suis trop content”. Tu me proposes une petite session du soir à la cote des basque, “je suis trop content”. Tu m’invites à une session du matin sur Bidart, “je suis trop content”. Tant que je suis dans la flotte “je suis trop content”.

Mathieu : Moi c’est Imsouane au Maroc. C’est la meilleure vague du monde… enfin pour moi. C’est dans une baie et il y a une vague qui fait 800m, ça déroule… du pur plaisir en longboard.

Venant de St Malo et de Valence, vous n’étiez pas vraiment prédestiné au surf. Comment en êtes-vous arrivé à cette pratique?

Clément : Moi à Valence, comme tu peux l’imaginer, c’était chaud … mais j’avais une grand mère en Vendée, c’est là-bas que j’ai commencé. Et puis j’ai fait un job d’été dans un surf shop à Acotz. J’avais pas mal de temps pour surfer. Je n’avais pas un gros niveau à l’époque mais comme je faisais aussi du skate et du snowboard j’avais quand même des notions d’équilibre sur une board, ce qui m’a vite permis de m’éclater. Depuis qu’on est ici, c’est top, je peux aller souvent dans l’eau ce qui me permet de passer des paliers !

Mathieu : Le surf à St Malo c’est 2 jours par mois et si ça tombe un mardi aprèm et que t’es en cours, c’est mort … donc en gros c’est toujours mort !
J’avais un pote qui avait remporté une compétition de planche à voile organisée par BIC. Il a gagné une board 7”4 de base et il me l’a revendu pour 50 balles à l’époque. J’ai commencé comme ça pour ainsi dire… et puis en arrivant plus tard à Hendaye je m’y suis remis à fond… toujours avec ma BIC. Par la suite j’ai racheté une board un peu plus courte. Depuis qu’on a déménagé sur la côte Basque, je ne fais que ça.

En moyenne, combien de sessions par semaine faites vous ?

Mathieu : Après ça dépend des conditions, mais en moyenne, on y va 2 à 3 fois par semaine.

Clément : C’est ça, même si en ce moment je n’y vais plus … je me suis pété un ligament au niveau de la cheville en courant !

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Mathieu entre eau et air


Depuis que vous pratiquez le surf, avez vous vu vos spots se dégrader ?

Clément : Une des pires sessions que j’ai faite, c’était ici, après de fortes pluies. A chaque fois qu’on mettait la main dans l’eau on touchait un truc… mais pas un truc organique, c’était plutôt du plastique. L’enfer !

Mathieu : Ici, dès que tu as de fortes pluies, t’as toutes les “merdes” qui passent dans l’Adour (rivière locale) et qui finissent dans l’Océan. Et puis il y a aussi ce “qu’on ne voit pas”. Il y a quelques mois, Malo, qui bossait avec nous ici, s’est chopé une infection au niveau du nez, avec des fièvres et des complications à cause d’une bactérie qu’il a chopé dans la flotte.

Clément :  ça fait franchement peur, et on a l’impression que c’est de pire en pire, surtout quand il y a de fortes pluies.

Il n’y a pas longtemps j’ai déménagé. J’avais dans la cave plein de fringues que je gardais “au cas ou” et que je n’ai jamais reporté… imagine un peu ce que j’aurais pu faire si je n’avais pas dépensé mon argent à acheter ces fringues, c’est fou ! Être “bio” ça ne coûte pas plus cher, au contraire même, par contre il faut changer ses habitudes en étant plus raisonnable et donc en consommant moins.

Clément


Est-ce que ça change votre façon de pratiquer ?

Clément : Pour moi c’est simple quand il y a des fortes pluies, je n’y vais plus. En habitant ici, on a le luxe de pouvoir se refuser une session..

Mathieu : Pareil pour moi, s’il y a un risque pour ta santé, il vaut mieux passer son tour !

Quelle est la part de l’écologie dans votre vie de tous les jours ?

Clément : Dernièrement je suis allé passé une semaine Coral Guardian, c’est l’association que l’on finance avec Hopaal. J’aime investir de mon temps pour ce genre d’initiative. Après dans la vie perso, je n’achète quasiment plus rien, sauf de la bouffe et … des surfs ! J’essaie de réfléchir à ce dont j’ai vraiment besoin et franchement je me rend compte que je n’ai pas besoin de grand chose. 
Niveau nourriture, j’ai quasiment éliminé toute la viande et le poisson. Chez moi ça fait longtemps que je n’en achète plus, par contre ça m’arrive encore d’en manger de temps en temps quand je mange dehors.

Mathieu : Pour moi c’est pareil que Clément. J’ai quand même un truc à ajouter, qui peut sembler être un petit geste mais qui en fait a un impact important, c’est la gourde. Grâce à ça on n’utilise plus du tout de bouteille en plastique. 

Clément : Le constat est clairement établi et il est franchement difficile à remettre en cause. Après il faut trouver des solutions avec du bon sens. Il faut revenir à des choses plus simples. Prendre le temps de faire les choses, partager son temps avec autres. Tiens un exemple. Il n’y a pas longtemps j’ai déménagé. J’avais dans la cave plein de fringues que je gardais “au cas où” et que je n’ai jamais remises… imagine un peu ce que j’aurais pu faire si je n’avais pas dépensé mon argent à acheter ces fringues, c’est fou ! Être “bio” ça ne coûte pas plus cher, au contraire même, par contre il faut changer ses habitudes en étant plus raisonnable et donc en consommant moins.

Au niveau de la marque Hopaal, est-ce que vous vous inspirez du surf pour dessiner vos vêtements ?

Mathieu : Non pas du tout. L’esprit surf est présent au niveau de nos photos, et un petit peu avec nos boardshorts, mais c’est très limité. On est plus une marque casual que l’on peut porter partout.

Clément : Ça ne se voit pas dans nos collections, par contre le surf ça rythme nos semaines. L’esprit surf est très présent en interne. Proximité avec la nature, l’écologie, les sessions dans la journée, par contre cela ne se voit pas du tout au niveau de nos produits. On a même retiré le logo en forme de vagues, pour le remplacer par le logo “mystère”, pour que tout le monde puisse s’identifier à la marque. Notre objectif est de promouvoir une consommation plus responsable auprès du plus grand nombre et non pas seulement auprès des surfeurs. On pense que c’est comme ça qu’on aura un impact positif.

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Logo “mystère” Hopaal. Nous on y voit un sabot de chameau. Et toi ?

Quels sont vos projets pour 2019-2020 ?

Mathieu : En Septembre on va sortir une V2 du pull du futur. On avait sorti la première version en Septembre 2017. On voulait sortir la V2 en Septembre dernier (2018) sauf que les tests qu’on avait fait n’étaient pas satisfaisant en terme de durabilité. On a donc pris la décision de revoir notre copie, de ne pas sortir le produit en 2018. C’était une décision importante, parce que cela représentait un chiffre d’affaire non négligeable. On a donc re-bossé sur ce projet pour sortir un pull 100% laine mérinos recyclée irréprochable.

Clément : Et puis on va sortir un tout nouveau concept en collab avec 1083. Ça va s’appeler la veste infinie. La veste va être consignée. A la fin de sa vie le propriétaire pourra la renvoyer gratuitement. Et nous, avec 1083 on se chargera de la recycler pour en refaire d’autres fringues.
La veste sera en polyester recyclé, qui sera recyclable et même recyclée (concept de la veste infinie)… Il existe sur le marché, plein de produits qui sont “recyclables”, mais qui ne sont en fait jamais recyclés. Là on se charge nous même de tout le processus.

Mathieu : On a aussi un nouveau projet sur l’emballage. On lance une phase de test avec les enveloppes Repack. Le principe est simple, ce sont des enveloppes dans lesquelles on envoie les vêtements. Elles sont ultra résistantes et peuvent être utilisées plein de fois. Il faut juste que les clients ne la gardent pas et qu’ils la déposent dans une boîte aux lettres. Elle est pré-imprimée, Il n’y a donc rien d’autre à faire à part la déposer dans une boite aux lettres. Maintenant est ce que les gens vont jouer le jeu… c’est ce qu’on espère et ce que nous allons vérifier avec une phase de test.

Clément : et puis entre deux conceptions de nouveaux produits, on a aussi le projet de continuer à surfer, à beaucoup surfer !!

photo avec les co fondateurs dhopaal 1068x800 - Rencontre avec Clément et Mathieu. Les fondateurs d’Hopaal tombent le masque.
Photo de fin d’interview. de gauche à droite : un mannequin (pas toi Vincent !), Vincent (te voila), Pierre, Clément, Mathieu.

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