On a retrouvé Aurel Jacob, il était … Lost in the Swell

Aurel avec une planche Notox

Lorsqu’on a contacté Aurel pour la première fois, il était en plein tournage d’une saison de Lost in the Swell en Amérique Centrale…

Quoi ?? Comment ça ?? Tu ne connais pas Lost in the Swell ??

On va donc reprendre les bases. Lost in the Swell c’est une web-série dans laquelle on suit les aventures (délurées) de 3 potes surfeurs. Et Aurel c’est l’un d’entre eux.

Il a tout de suite accepté l’interview et à son retour d’Amérique on s’est rencontré autour d’une bière (euhh ou 2 ou 3) du côté de La Torche, son “home spot”.

Voici donc l’interview Green Rider d’Aurel, qui comme tu le verras est carrément dans l’esprit Green Session.

Salut Aurel, peux-tu nous raconter ton histoire et tes débuts en surf ?

J’ai un parcours atypique puisque à la base je suis Vosgien. Là, si t’es pas trop mauvais en géographie, tu dois te demander comment je suis arrivé au surf ?

Comme tous les gamins on a suivi nos parents et moi mon père était militaire. On a donc pas mal bourlingué. On a vécu en Guyane puis on est parti à la Réunion, c’était le début des années 90, j’avais 7 ans. C’est en arrivant là-bas que mes parents nous ont inscrits mon frère Thomas et moi dans un club de surf. Pendant les 3 ans qu’on est resté à la Réunion on en a fait tous les WE et les vacances.

Mon père a ensuite été de nouveau muté, cette fois en métropole. Heureusement pour moi et mon frère c’était en Bretagne, pas trop loin de l’Océan… ça aurait pu être partout ailleurs…sinon je ne sais pas ce qu’on serait devenu (rire).

Aurel Jacob lost in the swell dans la piscine
Ça ne ressemble pas vraiment à l’Aurel qu’on à rencontré …

J’imagine qu’en Bretagne t’as pu continuer à perfectionner ta technique ?

Avec mon frère on a continué le surf à fond même si les conditions n’étaient pas tout à fait les mêmes qu’à la Réunion ! On a rapidement intégré l’équipe de Bretagne.

Pendant le lycée j’ai passé des brevets pour être prof de surf et directement après le bac j’ai commencé les saisons à La Torche. Et depuis ça fait 15 ans que je fais ça chaque été. Même si après 2 mois de cours je suis rincé, j’adore ça. En plus ça me permet d’être au moins 2 mois par an « chez moi » et de revoir tous mes proches.

L’idée était de sortir de la “société”. De savoir si on était capable de survivre par nos propres moyens tout en vivant notre passion du surf. C’était “survivre pour surfer”

Comment as tu rencontré tes 2 compères de Lost in the Swell ?

Ronan et Ewen se connaissent depuis longtemps. Petits, ils étaient déjà à l’école ensemble. Ils faisaient pas mal de skate et de voile ensemble. Et puis Ewen s’est mis au surf et Ronan a suivi les pas de son père dans la photo (qui est une légende de la photographie sous marine).

Moi je les ai rencontrés un peu par hasard quand j’avais 20 ans, sur le parking d’un spot de surf. Ce jour là, Ronan qui faisait beaucoup de photos de ses potes, avait pris quelques photos de moi. C’est comme ça qu’on est devenu pote.

J’ai ensuite rencontré Ewen, qui comme moi, venait de se faire larguer par sa nana. On a décidé de se prendre une colocation ensemble sur Brest. C’est pendant cette période là que j’ai intégré leur bande de potes brestoise.

On partageait des passions communes, que ce soit le surf, le skate ou les voyages. Et puis on avait les mêmes idées. Au début on pensait pas du tout monter un projet comme Lost in the Swell. On était juste une bande de potes qui avait envie de s’éclater et de passer du bon temps ensemble.

Aurel Jacob à l'apéro
…. Ahhh là par contre on le retrouve !!

Mais justement, comment en êtes-vous arrivés à Lost in the Swell ?

A l’époque, (ça fait vieux dinosaure de commencer une phrase comme ça) mais à l’époque il n’y avait pas internet tel qu’on le connaît aujourd’hui. Pour le surf c’était surtout la presse écrite qui fonctionnait bien. Avec Ronan on faisait des photos pour des magazines et partenaires. C’est d’ailleurs à ce moment là que Ronan est devenu photographe pour Kanabeach.

Au même moment, David Bianic, Didier Tirilly et Erwan Crouan ont sorti un livre ” Kornog : Surf en Bretagne”, sur les premiers pas du surf en Bretagne (avec également de la planche à voile). Ça avait pas mal marché. Nous avec les potes, on a décidé de reprendre le même principe mais en vidéo, c’est comme ça qu’on a tourné Barravel.

Pendant 1 an on a couvert toute la Bretagne à la rencontre des différents acteurs des 4 départements, à la découverte des différents spots pendant les 4 saisons. C’était notre premier 26 minutes.

Ça nous a permis d’avoir 14 ou 16 pages dans le magazine Surf Session, pour raconter l’aventure Barravel.

On avait fait une intro rigolote, et ça a carrément cartonné. C’est un peu ce qui nous a lancé dans le monde de l’audiovisuel.

Par la suite on s’est fait un trip de 3 mois au Maroc dont 1 mois à vivre en autonomie complète. Pour nous c’était vraiment l’Aventure avec un grand A. On avait l’impression de vivre les aventures qu’on avait lues dans les livres quand on était petit, comme Tintin et Robinson Crusoé. Et puis à ce moment là c’était les débuts de Koh Lanta.

Avec Ronan et Ewen ça nous a donné l’idée de partir dans une autre aventure. L’idée était de sortir de la “société”. De savoir si on était capable de survivre par nos propres moyens tout en vivant notre passion du surf. C’était “survivre pour surfer”.

Comme Ronan assurait grave à la photo et à la caméra on avait l’idée d’en faire un film. On a cherché sur Google Earth un endroit complètement paumé avec une vague vierge et c’est comme ça qu’on est parti à l’autre bout du monde sur des îles désertes…

Bon au final on a appelé ça “Des iles usions” parce que ça a été un gros fiasco. On a du rentrer plus tôt que prévu en catastrophe en France… bref c’était l’aventure !

A notre retour en France on a quand même monté le film et on a essayé de le vendre. Mais comme on a tout fait à l’envers…on n’a pas réussi à le vendre. Pour ne pas perdre le contenu de cette aventure assez dingue, on a décidé de le découper en 11 épisodes qu’on a posté sur Dailymotion. C’était notre première web-série et la première web-série du Surf Français ! Ça a cartonné, on a fait presque 1 million de vues.

C’est ce qui nous a permis de créer les fondations de Lost in the Swell, même si Lost n’est née que quelques années plus tard… Aujourd’hui nous avons tourné 4 saisons. En regardant le teaser de chaque saison, on comprend mieux notre parcours et notre évolution au fils du temps.

Voici les teaser de chacune des saisons :

Saison 1 Tour de Bretagne
Saison 2 Iles Salomon
Saison 3.1 Aquitaine
Saison 3.2 Gabon
Saison 4.1 MarocANErie (c’est dans cette saison qu’on explique que 10 ans plus tôt on a eu l’idée de partir à l’aventure …)

Entre les tournages de Lost in the Swell et les cours de surf, c’est quoi ton quotidien ?

Il n’y a pas vraiment de quotidien, mais des saisons en fait. Chaque saison de Lost in the Swell nous prend pas mal de temps. La première saison nous a pris presque 3 ans de préparation. On a même cru plusieurs fois qu’on n’allait jamais y arriver. Heureusement qu’il y avait Roland Jourdain et la Région Bretagne, parce que sans eux,  on n’y serait jamais arrivé.

Mais en gros pour le Gabon et les îles Salomon c’est 1 année de préparation, 3 mois de tournage. Il y a ensuite 3 mois de montage/dérushage et 2 mois de “tournée” pour la sortie de la web série. Donc ça nous prend énormément de temps.

Le truc c’est que Lost in the Swell c’est une association, donc on est aussi “obligé” de garder un job à côté, qui doit être compatible avec Lost… pas facile. C’est aussi pour ça que je garde les saisons à La Torche.

Là ça fait 3 ans qu’on a trouvé un sponsor (Oxbow) qui nous aide beaucoup financièrement, ce qui nous permet d’avoir un peu plus de temps et de moyens pour mieux préparer les aventures. 

Quand on part dans des endroits un peu reculés, il y a toujours un petit peu cette notion de danger. Le fait de ne pas avoir de “routine” nous permet de bien nous préparer mentalement et physiquement (et oui on vieillit).

Lost in the swell logo
Aurel et Ewen de Lost in the Swell… c’est écrit derrière !

Si tu devais nous décrire ta meilleure session de toute ta vie, ça serait laquelle ?

C’est pas facile, parce que ça dépend de plein de choses. Y a des fois t’es pas dans l’endroit le plus top du monde, les vagues ne sont pas les plus belles, par contre tu te défoules dans l’eau, t’es en harmonie avec l’Océan et ça peut être une super session. C’est une session où tu vas au bout de toi même, t’es dans la performance physique et tu en sors rincé. Je ressens pas mal de plaisir dans ce genre de session.

Des fois c’est le créneau de l’année, les vagues sont ouf, mais tu te rends compte qu’il y a 150 mecs avec un super niveau à l’eau. Tu vas rester 4 heures à l’eau et tu vas prendre 2 vagues… OK elles seront belles, mais la frustration contre-balance les quelques secondes de bonheur que tu vas avoir. Ça aurait pu être fantastique mais ça ne l’est pas.

Après, si je dois en sortir quelques-une en particulier, il y a les îles Salomon avec des petites vagues à la perfection. Sur “des îles usions” on a eu des petites gauches magnifiques au large de Sumatra.

Avec Lost on ne surfe pas pour la performance, mais plus pour se faire plaisir, pour découvrir des vagues, pour l’aventure. Ça englobe tout, l’arrivée au spot, la lecture du spot, la compréhension du spot, la session et le débrief.

l'équipe de Lost in the Swell
On sent bien la “Des îles usions” dans leurs yeux…

Est ce que tu pratiques d’autres sports de glisse ?

Cela m’arrive d’aller chercher le pain en longskate et d’aller nager pour le plaisir à la piscine comme tout bon prof de natation. Mais je suis trop focus surf pour faire autre chose. Démarrer une autre activité, ça veut dire reprendre à zéro et ça c’est pas évident. Il n’y a pas longtemps on s’est mis au surf foil, je ne te raconte pas la galère. 

As-tu d’autres passions ?

Oui carrément, Il y a la musique. Je mixe un peu, il faut dire que je suis un bon fêtard ! Il y a aussi la BD, le dessin, le graph. Tout ce qui est artistique ça me branche… et puis il y a l’Amour, avec un grand A… rire.

l'équipe de lost in the swell
La différence avec la photo du dessus ? un nouveau sponsor !

Depuis que tu surfes, est-ce que tu as remarqué que tes spots préférés se sont dégradés ?

D’un point de vu qualité de l’eau, en Bretagne on est relativement préservé par rapport aux spots de la côte Basque. Là-bas on a plusieurs potes qui ont chopé des trucs pas cool dans l’eau, genre des otites ou des infections. Mais ça on le sait bien,dès qu’il pleut, toute la merde se retrouve dans l’Océan.

Ici en Bretagne, on trouve de plus en plus de déchets sur les plages. Mais ça c’est partout pareil. Lors de nos trips avec Lost in the Swell on est tombé sur des spots qui étaient vraiment dégueulasses. Des endroits qui auraient dû être paradisiaques mais qui étaient des vraies déchetteries, c’est triste.

Pour la première saison de Lost in the Swell, on voulait absolument fabriquer un trimaran en matériaux bio sourcés pour faire le tour de la Bretagne, et on l’a fait !

Est-ce que cela à un impact dans ta vie de tous les jours ?

Déjà je ne consomme pas grand chose, après dans ma vie de tous les jours  je me connecte de plus en plus aux saisons, surtout pour la nourriture. J’essaie de manger des légumes qui poussent pas loin, de saison, donc idéalement pas sous des serres chauffées.

Il faut qu’on sorte de notre confort pour retrouver des habitudes un peu plus en adéquation avec les ressources disponibles… même si ce n’est pas toujours facile.

Pour les surfeurs, on sait qu’on a un bilan carbone qui est mauvais. C’est surtout à cause de nos déplacements en caisse. Sur la région Bretagne il y a 4 départements, tu peux surfer au Nord comme au Sud, donc niveau déplacements, pour trouver les bonnes conditions de vagues, tu peux rapidement faire pas mal de kilomètres. Mais ici,  comme on n’a pas trop de “localisme”, il y a en a de plus en plus de surfeurs qui s’organisent pour faire du covoiturage pour aller sur les spots. Sur Facebook il y a des groupes uniquement pour ça et ça marche fort. Ça va dans le bon sens. Les surfeurs from paris le font aussi depuis un certain temps. Les mecs ne font pas ça tout seul dans leur coin et ils partagent la caisse mais au final ils partagent bien plus que ça et c’est ça aussi qui est top !

Est-ce qu’avec Lost in the Swell vous avez “aussi” la vocation de sensibiliser sur la pollution ?

Il y a carrément de ça dans Lost, en fait c’est notre ADN sous-jacent ! On n’en parle pas ouvertement, mais notre sensibilité à l’écologie drive nos projets.

Pour la première saison de Lost in the Swell, on voulait absolument fabriquer un trimaran en matériaux bio sourcés pour faire le tour de la Bretagne, et on l’a fait !

En fait le truc avec les bateaux, c’est comme pour les planches de surf, une fois qu’ils sont pétés ou morts, il n’y a quasiment rien à faire pour les recycler… c’est donc un énorme déchet qui dort dans un garage, une décharge ou pire au fond de l’eau.

Pour les planches de surf on avait découvert un shaper du Pays Basque qui faisait des boards éco-responsables, c’est Notox. On s’est dit pourquoi ne pas faire un petit trimaran sur le même principe.

C’est la qu’on a rencontré Roland Jourdain et ses équipes d’Explore, qui eux voulaient à ce moment là construire un bateau en lin… On a donc monté un projet ensemble pour faire le trimaran Gwalaz. L’objectif c’était de prouver qu’un bateau fabriqué à partir de matériaux bio-sourcés pouvait être aussi solide qu’un autre bateau. C’est  avec Gwalaz qu’on a fait le tour de Bretagne (saison 1) et les îles Salomon (saison 2).

Baptème de Gwalaz 1068x800 - On a retrouvé Aurel Jacob, il était ... Lost in the Swell
Baptême de Gwalaz … apparemment le Lin supporte bien le Champagne !

Ces “nouveaux” matériaux peuvent servir pour les bateaux, mais également pour d’autres applications industrielles, comme la fabrication de mobilier ou de voiture.

Pour en revenir à Lost in the Swell, lorsqu’on prépare un trip, on veut avoir le plus faible impact possible. Un autre exemple, pour la saison 3, on a utilisé les fatbikes en bambou d’un autre trio d’aventuriers : Solidream pour partir au Gabon… Après on a aussi et malheureusement nos contradictions, nos déplacements en avion en sont certainement l’illustration la plus importante.

Quels sont tes projets dans les prochains mois, une nouvelle aventure avec Lost in the Swell ?

Yes, on va bientôt repartir pour une nouvelle aventure avec Ronan et Ewen . Mais je ne peux pas encore en dire plus… C’est une surprise. Ce que je peux te dire, c’est qu’on part bientôt pour un trip dans le froid. On espère sortir la vidéo avant le printemps.

Aurel jacob le pêcheur
Aurel au Gabon, un matin, avec la fameuse … gaule !

Que penses-tu du guide “le top 50 des marques de glisse éco-responsables” ?

Ça va complètement avec ce qu’il se passe actuellement. Essayer de mieux s’habiller ou s’équiper en consommant moins et si possible local ou “propre” c’est le sens actuel de l’histoire.

Avec tout ce qu’on entend ce n’est pas facile de pouvoir faire la différence entre le bien et le … greenwashing ! Le fait d’avoir créer ce genre de guide, permet à chacun de pouvoir comprendre et aussi et surtout de s’identifier à une marque. Ça c’est super important. encore une fois, ça correspond à l’ADN de Lost in the Swell.

Ce genre de compilation (et je suis assez fan de compil en général) ça permet de gagner du temps pour celui qui cherche à s’équiper, mais c’est aussi extrêmement valorisant pour les petites marques qui sont citées et qui mettent souvent leurs tripes pour faire marcher leur projet.

C’est aussi ce qui est beau de votre part. Avec votre plateforme vous avez pris le temps de mettre en valeur en plus de la marque et du logo, les personnes qui sont derrière chacun de ces beaux projets.

Si tu devais nous conseiller un.e rider.euse pour nos prochains interviews Green Rider, ça serait qui ?

Sans hésitation… Damien Castera !!

Pierre : Ahhh mais on aimerait trop. Ça fait des mois qu’on veut l’avoir pour l’interview du Green Rider… je suis même prêt à lui faire la danse du ventre. On ne va pas lâcher l’affaire… On n’est peut être pas rapide mais attention, on est endurant !

Aurel : Pas de pb c’est un pote, je vais vous aider à l’avoir ! (rire)


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2 Commentaires sur “On a retrouvé Aurel Jacob, il était … Lost in the Swell

  1. Efflam says:

    Merci les gars pour cette interview. Ça faisait un bail que je n’avais plus eu de news d’Aurel et le revoir grâce à vous me reconnecte à tous ces super moments à mater Lost in the Swell avec mon fils :-). Vivement la prochaine saison et vivement l’interview de Damien qui a l’air d’être un mec bien inspirant lui aussi.
    Bye la Green, à bientôt au Pays Basque

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