PFC : Pourquoi nos vestes de ski contaminent-elles la planète ?

Dans 10 minutes, tu seras incollable sur les PFC. Tu sauras d’où ils viennent, comment ils fonctionnent, pourquoi ils sont si dangereux.
La bonne nouvelle (en plus du fait que cela te fera un excellent sujet de discussion pour ton prochain apéro !), c’est qu’il existe des alternatives aux PFC !

Sommaire :


Le problème avec la pratique du ski c’est … qu’il fait froid. Tu me diras s’il faisait chaud ça serait aussi un problème (pour faire du ski…). Il faut donc se couvrir, mais attention pas n’importe comment ! Pour lutter du mieux possible contre ce froid, le secret, c’est de chasser l’humidité, toutes “les humidités”, d’où qu’elles viennent.

Il y a l’humidité intérieure, celle qui est produite par le corps, c’est la transpiration. Parce que oui au ski on sue aussi comme des cochons (sauf si on n’engage pas assez !) et si tu penses que le déo va te sauver, tu te trompes. Si tu ne veux pas finir avec des stalactites collées sur les tétons il faut absolument que ta veste de ski évacue (le plus vite possible) toute ta sueur vers l’extérieur.

Et il y a l’humidité extérieure, celle qui vient de la pluie, de la glace (quand tu prends une gamelle) et de la neige (quand tes cona*** de copains te mitraillent de boules de neige). Tu comprends bien que cette humidité ne doit absolument pas rentrer à l’intérieur.

Il faut donc que ta veste de ski laisse passer l’eau d’un côté, mais pas de l’autre. En d’autres termes, elle doit être imperméable ET respirante … tu commences à voir le casse-tête ?

Au début on avait pensé aux peaux de bêtes et puis l’humain intelligent comme il est, a trouvé une solution “miracle”. C’était au début des années 80, avec une fameuse membrane imper-respirante … fabriquée à base de PFC. Malheureusement pour lui quelques années plus tard (bien trop tard) il se rend compte que ce PFC est très dangereux pour lui. Avec les vestes en PFC on s’évite un bon rhume, mais on gagne un cancer !

Dans cet article, on commencera par expliquer comment fonctionne une membrane imper-respirante. Sachant que depuis une vingtaine d’années les leaders du marché utilisent des membranes en PFC, on en profitera pour mieux comprendre ce qu’est le PFC, avec ses bons (performances) et ses mauvais (dangereux) côtés. Et on finira par une note positive avec les alternatives aux PFC, parce qu’heureusement, il en existe !

Comment fonctionne une veste de ski ?

On pourrait s’étendre des heures sur le sujet et cela fera d’ailleurs certainement parti d’un autre article. Mais pour la faire courte, pour qu’une veste de ski soit à la fois imperméable et respirante elle doit être composée de 2 éléments importants :

La membrane imper-respirante

Schéma d’une veste de ski (avec la membrane prise en sandwich entre 2 couches de tissus)

Il existe plusieurs sortes de membranes, mais à chaque fois le principe est le même :

  • La membrane doit évacuer la sueur vers l’extérieur (la sueur c’est de la vapeur d’eau, les gouttelettes sont microscopiques).
  • La membrane ne doit pas laisser entrer les grosses gouttes d’eau qui sont à l’extérieur.

Pour cela le fonctionnement est simple. Dans la membrane il y a des trous microscopiques qui vont laisser passer l’eau sous forme de vapeur (la sueur), mais pas l’eau sous forme de grosses gouttes (venant de l’extérieur)… capitch ?

Concrètement, cette membrane on ne la voit jamais, elle est prise en sandwich entre le tissu extérieur de ta veste et la doublure intérieure. Mais crois-moi, elle est là et c’est souvent cette technologie qui fait le prix d’une bonne veste.

Le traitement déperlant

Les gouttes d’eau restent en surface du tissu

On vient de voir que la membrane n’est pas la couche la plus extérieure de la veste. Il y a un tissu collé au-dessus. Lorsque tu tombes ou prends la flotte, le tissu extérieur va s’imbiber d’eau. Cette couche d’eau va venir boucher les pores de la membrane et les vapeurs de sueur ne pourront plus s’échapper (= effet sauna à l’intérieur). On dit que l’eau a asphyxié la membrane… Pour éviter ce phénomène, on appose un traitement déperlant sur le tissu extérieur. On peut aussi entendre parler de traitement DWR (Durable Water Repellent). 

On vient de prendre l’exemple d’une veste de ski, mais le principe est exactement le même pour tous les vêtements et accessoires dédiés aux sports outdoor (gants, pantalons, chaussures, tentes, sac à dos, etc…). Pour que ces produits soient imper-respirants, il faut obligatoirement une membrane et un traitement déperlant.

C’est donc pour résoudre cette équation à 2 inconnues que l’homme a inventé le PFC… 

Quel est l’impact des PFC sur notre vie ?

Attention, je préfère te prévenir tout de suite, ce “chapitre” va être un peu technique, on va parler molécules et chimie organique. Pour avoir fait un peu de chimie (sans que cela soit mon fort – “Nelson”) dans ma jeunesse, j’avoue que ce passage m’a permis de comprendre bien des choses.

Ça c’est toi dans 10 minutes …

Après, si cela ne t’intéresse pas du tout, tu peux directement passer au prochain chapitre ( Quels est l’impact des PFC sur notre vie ? ).

Définition du PFC

Non, le PFC, ce ne sont pas les initiales du Paris Football Club ni de Pierre-Feuille-Ciseaux (l’article aurait été autrement plus joyeux), mais de PerFluoroCarbure. C’est le nom que l’on donne à cette famille de molécules. Parce qu’il n’existe pas un seul PFC, mais toute une famille. On l’appelle aussi la famille des polymères fluorés.

Pour les plus scientifiques d’entre nous il s’agit d’une chaîne de Carbones (C) sur laquelle on est venu greffer des atomes de Fluor (F). Il faut imaginer cela comme un collier… les atomes de carbone représentent le fil et les atomes de fluor les perles. Je ne sais pas si tu as déjà enfilé des perles, mais plus le fil est long, plus tu peux mettre de perles.

Comme dans toutes les familles, il y a des grands et des petits. On retrouve donc les chaînes courtes (de C1 à C7) et les chaînes longues (C8 et plus).

Bon ça c’était la base, parce qu’après les chimistes ont ajouté d’autres atomes à ces chaînes pour leurs attribuer des propriétés spécifiques…

Parmi les PFC les plus connus il y a :

  • le PFOS (Sulfonate de perfluorooctane) → Interdit en UE depuis Juin 2008
  • le PFOA (Acide perfluorooctanoïque) → souvent appelés C8, chaîne longue
  • le PTFE (polytétrafluoroéthylène)

Des PFC il en existe plein d’autres, voici justement un extrait (je sais, ça ne sert à rien, mais c’est juste pour montrer que j’ai bien fait mes devoirs !) :

exemple de molécules de PFC

Il faut savoir que ces molécules-là n’existent pas à l’état naturel… euhh je rectifie, puisque malheureusement de nos jours on les retrouve un peu partout dans la nature (on verra pourquoi un peu plus tard). La bonne phrase c’est “la nature n’a jamais fabriqué ce genre de molécules”. Ces molécules sont issues de processus de fabrication complexes imaginés et créés par l’Homme et pour l’Homme.

Mais pourquoi l’Homme a-t-il fait ça ? Tout simplement parce qu’il n’aime pas “gratter” (tu vas comprendre juste après) ni être mouillé !

Les PFC ça sert à quoi ?

Les deux caractéristiques principales de ces polymères fluorés, sont leurs propriétés :

  • hydrophobes (qui repousse l’eau)
  • lipophobes (qui repousse la graisse)

S’il y a 5 minutes tu ne savais pas ce que c’était, maintenant tu peux déjà commencer à imaginer à quoi ces molécules de PFC peuvent servir. En fait, si tu cherches bien, il y en a presque partout autour de toi. 

As-tu déjà cuisiné une omelette ?

Si tu sais casser les œufs, c’est super facile. Par contre le truc le plus “chia**” avec l’omelette c’est de nettoyer la poêle … Pour ça pas de problème, tu connais une marque “qui pense à tout” … et qui a justement pensé à ajouter du PFC dans le fond de ta poêle, pour en faire un revêtement anti-adhésif. C’est pour ça qu’il ne faut pas la gratter avec le côté vert de l’éponge ! C’est donc comme ça que le PFC est apparu dans nos vies quotidiennes, sous forme de Téflon, dans les années 1945.

Et puis les propriétés fantastiques de ces molécules (n’ayons pas peur des mots … s’il n’y avait pas les côtés négatifs qu’on abordera dans un instant, ces molécules seraient miraculeuses !) ont commencé à intriguer l’industrie du textile outdoor. Le coté hydrophobe du PFC pourrait permettre d’imperméabiliser les vêtements et le côté lipophobe agirait comme un agent déperlant… Tu commences déjà à deviner vers où on va aller ?

Pourquoi les PFC sont-ils si dangereux ?

On dit que la nature fait bien les choses, mais est-ce que l’inverse est vrai ? Pour les PFC ça n’a pas l’air d’être le cas !

Pour rappel (pour ceux qui ont sauté le chapitre précédent !) les PFC sont fabriqués par l’Homme, la nature n’en crée pas (ça aurait peut-être dû nous mettre la puce à l’oreille !). Et comme depuis le début des années 80 on en utilise beaucoup, plusieurs scientifiques ont commencé à se pencher sur leurs cas. Ce qu’ils ont trouvé a de quoi effrayer.

Le problème avec les PFC c’est qu’ils sont considérés comme des molécules PBT :

  • P = persistante : substance qui ne se dégrade pas dans le temps ou très lentement (CF4 à durée de vie dans l’atmosphère de 50 000 ans)
  • B = bioaccumulative : substance qui s’accumule dans le corps, au niveau du sang, du foie et des reins. Et qui touche toute la chaîne alimentaire
  • T = toxique … là ça se passe d’explication.

Aujourd’hui, presque toute la population mondiale a des niveaux détectables de PFC dans le sang.

Plusieurs études menées sur le rat ont prouvé la toxicité des PFC (cancers, mortalité néonatale, perturbateurs endocriniens, retard de développement, changements comportementaux, etc…)

En 2005, l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA) a demandé à ce que les C8 (PFOA) soient classées comme cancérigène probable.

En plus d’être toxiques, les PFC sont extrêmement volatiles, ils se propagent donc rapidement et partout, par l’eau et par l’air. On en a retrouvé dans des endroits où l’Homme n’a jamais mis les pieds (même si ces lieux sont de plus en plus rares). On en retrouve également dans le lait maternel, dans le sang des ours polaires, dans les glaciers et sur tous les continents du monde, bref personne n’est épargné.

En 2015, 200 scientifiques venant de 38 pays ont signé la déclaration de Madrid dans laquelle ils demandent, conformément au principe de précaution, l’élimination de tous les PFC (chaines courtes et longues) de la production de tous les produits de consommation, y compris les textiles. Certains pays, comme la Norvège ont pris les devants et on d’ores et déjà banni l’utilisation de certains PFC.

Aux USA les actions en justice ont même commencé. Les habitants résidant à proximité des usines DuPont (qui produit le PFC depuis plus de 50 ans – C8 chaînes longues) ont obtenu la condamnation de l’entreprise pollueuse à payer 345 millions de dédommagement et à stopper toutes pollutions de l’eau et des sols.

Les PFC, une contamination mondiale

Tout ça a beau être connu (ou tout du moins suspecté) depuis de nombreuses années, les premiers à avoir tiré la sonnette d’alarme par l’intermédiaire de leur Detox Outdoor Campaign, c’est GreenPeace. Ils ont tout d’abord révélé le problème auprès du grand public avec leur étude “Footprint in the snow”, dans laquelle ils ont prouvé qu’on retrouvait des PFC partout sur Terre. Et tout cela en seulement 50 ans !

Retrouve la mission “FootPrint in the snow” de GreenPeace

Au printemps 2015 ils ont envoyé leurs équipes en expédition dans 8 régions montagneuses et reculées du globe, pour y prélever de l’eau (et de la neige)… Bilan, tous les échantillons (sauf 1) contenaient des PFC.

Pour les PFC que nous avons produit, il est trop tard. Ils sont déjà partout autour de nous, et ils y resteront encore longtemps (plusieurs centaines voire milliers d’années).

Maintenant que nous avons conscience de cette pollution, à nous de ne pas amplifier le phénomène en disant simplement non aux PFC.

Lire aussi :

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Nos vêtements outdoor, principale cause de la contamination aux PFC

Historique du PFC dans les vêtements outdoor

La première membrane outdoor en PFC a été inventé par un américain Bill (je te laisse deviner son nom de famille). Dans les années 50, ce chimiste qui travaillait chez DuPont (avec un t) a eu l’idée d’étirer le Téflon pour en produire une membrane imperméable. Malheureusement pour lui, sa hiérarchie, ne croyant pas en son projet, décida de stopper son étude. Mais Bill, qui était du genre coriace se lança seul dans la fabrication de son produit… et c’est en 1969, avec l’aide de son fils (Bob) qu’ils réussirent à sortir une membrane qui pouvait laisser passer la transpiration mais qui restait imperméable aux gouttes d’eau. Ça te dit quelque chose cette membrane ? Est-ce que maintenant tu peux deviner le nom de famille de Bob et Bill ?

Il s’agit de Bob et Bill Gore, qui sont donc les parents de la fameuse membrane qui porte leur nom Gore-Tex (Tex pour “textile). Depuis les années 80 cette membrane inonde le monde de l’outdoor en équipant presque toutes les vestes, pantalons et chaussures.

D’autres membranes concurrentes ont depuis vu le jour et jusqu’à il y a quelques années elles utilisaient toutes des PFC (principalement des PTFE).

Le PFC on le retrouve dans la fabrication de la membrane elle-même, mais aussi en surface pour les traitements déperlant (DWR = Durable Water Repellent). En plus des propriétés que nous venons de voir, les PFC rendent les vêtements résistants et donc durables.

Techniquement il n’y a pas grand-chose à reprocher à cette matière, bien au contraire, … Mais …. il y a souvent un “mais” !

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Est-ce que mon manteau relâche des PFC ?

La réponse est oui !

Mais ne t’inquiète pas, tu ne vas pas “directement” être contaminé. Sur les vêtements il y a uniquement “des traces de PFC”. Ces traces proviennent essentiellement du traitement déperlant. Jusqu’à ce jour, aucune étude n’a prouvé que les PFC pouvaient passer à travers la peau, il n’y a donc que peu de risque d’être directement contaminé par sa propre veste de ski… ouf !

En revanche la majorité des PFC relâchés dans la nature le sont pendant la fabrication et à la destruction de nos vêtements. Pour fabriquer les membranes imper-respirantes, on utilise beaucoup de PFC. Ces molécules chimiques étant extrêmement volatiles, elles se retrouvent dans nos réseaux d’eau, dans l’air et c’est à ce moment-là que nous sommes contaminés. Tout le monde est concerné, ceux qui pratiquent des sports outdoor, mais également tous ceux qui n’ont pas cette chance !

Les personnes les plus exposées restent celles qui travaillent dans les usines de fabrication de ces membranes (de plus en plus souvent dans des “pays pauvres”, où les règles de sécurité au travail ne sont pas toujours bien respectées), les personnes qui vivent autour de ces usines, mais aussi … les personnes qui travaillent dans les boutiques qui vendent des produits dédiés aux sports extérieurs. Une étude a montré que l’air ambiant dans les magasins vendant des vestes de ski est significativement plus contaminé en PFC volatiles (FTOHs) que les magasins qui n’en vendent pas.

Les chaînes courtes (C6) de PFC peuvent-ils être des sauveurs ?

Dans l’étude de 2015 appelée “Footprints in the snow”, Greenpeace pointe directement du doigt les industriels du vêtement outdoor comme étant les principaux responsables de la contamination mondiale aux PFC.

Pour appuyer leur propos, ils se reposent sur une étude du gouvernement Danois, qui prouve que plus de la moitié des PFC volatiles présents dans l’environnement proviennent de l’industrie du textile.

Quand on y pense, c’est quand même un sacré paradoxe pour ces marques. D’un côté elles nous alimentent avec de magnifiques photos de montagne, de nature, et de l’autre elles la détruisent avec leurs produits contenant du PFC (vestes de montagne, pantalons, chaussures, gants, etc…)

Mais l’industrie du textile outdoor a la parade. Pour elle, les PFC trouvés dans l’étude de Greenpeace sont essentiellement des PFC à longues chaînes (C8 et plus, comme des PFOA et PFOS). Et effectivement, elle reconnait que ces molécules sont très nocives pour la santé, c’est pourquoi quasiment tous les acteurs du secteur ont arrêté de les utiliser, pour les remplacer par … des PFC… avec des chaînes plus courtes (C4 à C6) !

C’est là tout le problème. Depuis quelques années l’attention des chercheurs est sur les chaînes longues (et on commence à avoir de plus en plus d’études sur leur toxicité), nous n’avons donc que peu d’études sur l’impact des chaînes courtes.

Normalement le principe de précaution devrait s’appliquer… mais il semblerait qu’ils ne connaissent pas ça dans l’outdoor !

Le peu d’études que nous avons sur les chaînes courtes montrent que ces molécules ont une durée de vie aussi longue, sont encore plus volatiles (se dispersent donc plus vite autour du globe) que les C8 … et le pire c’est que pour être aussi efficace que les C8 il faut en utiliser beaucoup plus !

Bref les chaînes courtes ne sont pas LA solution

Le “J’accuse” de Greenpeace

Toujours dans le cadre de sa campagne Detox outdoor, Greenpeace a lancé en 2016 une nouvelle étude intitulé “Leaving trace”.

Pour cette étude, Greenpeace a testé 40 produits outdoors (chaussures, tentes, vestes, gants, sac à dos) pour savoir s’ils contenaient des PFC. Bilan, 90% des produits en contenaient. 18 produits contenaient des PFC à chaînes longues et 11 des PFOA à des concentrations importantes. 

Cela prouve que malgré ce qui a pu être dit par l’industrie du vêtement outdoor, les chaînes longues, et surtout les PFOA sont encore utilisés, alors que nous savons pertinemment qu’elles sont toxiques pour la santé humaine.

Cette étude montre aussi que de plus en plus de PFC à chaînes courtes et de PFC volatiles (FTOH) sont utilisés. Molécules pour lesquelles nous avons moins de recul, mais qui semblent être également nocives pour notre santé.

Voici un résumé des résultats obtenus sur les vestes (pour les autres résultats voire l’étude complète) :

Tableau de résultats des concentrations en PFC contenues dans des vestes outdoor. Résultats provenant de l'étude de Greenpeace
Résultats de l’étude “Leaving traces” de Greenpeace sur les vestes outdoor.

<LOQ = inférieur à la limite de quantification = concentration nulle ou très faible

Outre les concentrations importantes en PFC dans certains produits, la présence d’un produit avec le label Bluesign ayant du PFC pose question !

Quelles sont les alternatives aux PFC (les C0) ?

Les 2 études dirigées par Greenpeace (“leaving trace” et “footprint in the snow”) ont bien aidé à sensibiliser le public sur la problématique des PFC dans les vêtements outdoor. Par l’intermédiaire de leur campagne Detox Outdoor, Greenpeace a en parallèle organisé une pétition pour pousser les acteurs de l’industrie outdoor à prendre des engagements au sujet du PFC.

Cette pétition, toujours disponible en ligne, a récolté plus de 200 000 votes, ce qui n’est pas rien dans le monde de l’outdoor. À la suite de cela plusieurs marques ont pris des engagements. Certaines ont complètement abandonné les PFC (souvent les plus petites marques), d’autres sont en cours de transition (un peu trop lentement). Mais ce qui est surprenant c’est que quelques marques (et pas les moins connues) ne bougent pas !

Pourquoi traîner des pieds ? Parce que cette industrie pèse plusieurs milliards de dollars et que trouver une alternative aux PFC n’est pas si simple…

Et pourtant plusieurs marques ont adopté des membranes sans PFC qui ont des caractéristiques techniques comparables à celles contenant des PFC. La seule différence notable concerne les traitements déperlants (DWR). Aucun fabricant n’a trouvé un produit sans PFC qui présente les mêmes caractéristiques en ce qui concerne la résistance aux salissures… mais est-ce vraiment nécessaire ? Tant qu’il y a encore de la neige “blanche” sur nos sommets cela ne devrait pas poser de problème 😉 

Les “champions” de GreenPeace et les autres.

Dans ce chapitre nous ne parlerons pas des marques qui sont en retard (elles sont nommées sur la page de Greenpeace), on préférera présenter les alternatives existantes qui ont un impact bien moindre sur l’environnement que les PFC. 

Parce que rappelons-le, peu importe la matière choisie, s’équiper pour l’outdoor aura forcément des conséquences pour l’environnement. A nous de faire le choix du produit qui en aura le moins possible… Prolonger la durée de vie des produits qui sont dans nos armoires, l’achat d’occasion, la location et en dernier recours l’achat de neuf éco-responsable et durable sont, dans cet ordre, les solutions qui ont le moins d’impact sur notre environnement.

Les engagements des marques pour devenir PFC free (sans PFC).

Il est très difficile de commencer ce chapitre sans parler de La membrane de référence depuis une trentaine d’année, je parle bien entendu de la Gore-tex. Dans sa campagne GreenPeace n’a pas directement ciblé Gore-tex. Leur cible ce sont les marques, pour Greenpeace c’est à elles de se retourner vers leurs fabricants de membranes (les marques ne fabriquent pas leurs membranes ou rarement) pour réclamer des solutions techniques performantes qui ne contiennent pas de PFC. Les marques se sont donc tournées vers Gore-fabric (fabricant des membranes Gore-tex), et Gore fabric est revenu vers Greenpeace avec des engagements… très discutables… décryptage.

Gore-tex et les PFC

Gore-tex est la membrane la plus utilisée dans le monde. Difficile quand on a un énorme business comme le leur, qui repose essentiellement sur l’utilisation des PFC, de tout changer du jour au lendemain… Mais suite aux campagnes de Greenpeace Gore-fabric a décidé de s’engager vers une élimination progressive des PFC dans ses membranes et ses traitements déperlants… À première vue tout ça est plutôt positif, mais à y regarder de plus près on se rend compte que la migration va être très lente (objectif 2023) et si on lit entre les lignes on découvre qu’ils ne vont pas vraiment éliminer tous les PFC !

Pourquoi pas d’élimination totale ?

Parce que Gore-fabric a réussi à convaincre Greenpeace que certaines molécules de PFC n’étaient pas dangereuses… Il s’agit des PTFE (PolyTétraFluoroEthène – (C2F4)n). Selon Gore, ce polymère fluoré est hautement stable, trop volumineux pour être biodisponible, insoluble dans l’eau et ne se dégrade pas dans l’environnement. Par conséquent, ce n’est pas un PFC de “préoccupation environnementale”. Oui, tu as bien lu, Gore Fabric a inventé un nouveau terme les PFC EC (EC = environmental concern). Il y aurait donc les bons et les mauvais PFC…

Communication de Gore fabric… un œil non averti pourrait facilement croire qu’il s’agit d’un produit PFC Free (Or, il s’agit d’un produit qui n’a qu’un traitement déperlant qui ne contient pas de PFC EC. Le traitement déperlant contient donc des PFC (PTFE), la membrane de ce produit contient aussi des PFC).

Et même si pour Greenpeace cette situation n’est pas idéale, ils ont accepté ce terme. Ils considèrent que les marques qui utiliseront les produits Gore-tex PFC EC free respecteront les engagements de la campagne Detox Outdoor et ne seront pas épinglés par Greenpeace lors des prochaines études… A cela ils ont tout de même ajouté deux conditions :

  • Que Gore Fabric prouve que le PTFE ne se dégrade pas en PFC EC lors de l’incinération de leurs produits (en fin de vie)
  • Que Gore Fabric n’utilise pas de PFC EC lors du processus de fabrication du PTFE

Gore Fabric a donc conduit une étude sur l’incinération de ses membranes. Résultat, dans les conditions d’un incinérateur municipal d’un pays développé, il semblerait que le PTFE ne se dégrade pas en PFC EC… Je dis “semblerait” parce que sur les 4000 molécules de PFC existantes, seulement 31 ont été testées lors de cette étude. Peut-on donc vraiment conclure définitivement à ce sujet ?

A cela il faut ajouter que dans le monde globalisé dans lequel nous vivons actuellement, les vêtements se vendent partout et peuvent surtout finir leur vie partout dans le monde. Il y a donc peu de chance que 100% de ces produits finissent dans un incinérateur municipal. Et que se passe-t-il lorsque les conditions d’incinération sont différentes ? Ça l’étude n’en parle pas.

En ce qui concerne la deuxième demande de Greenpeace, voici la réponse de Jon Hammerschmidt, le “sustainability technical champion” (en français le “champion technique de la durabilité”) de chez Gore Fabric :

“ Bien que nous ayons eu des avancées techniques probantes la commercialisation du PTFE fabriqué sans PFC EC prendra plus de temps que prévu”.

Il faut rappeler que l’engagement initial de Gore Fabric est toujours fixé à 2023.

En parallèle de cela, Gore Fabric déclare travailler dur pour sortir complètement des molécules fluorées comme le PTFE…mais que cela va prendre du temps…

Quand on a grandement contribué à polluer notre planète pendant presque 30 ans, ne se doit-on pas de réagir plus vite (beaucoup plus vite) ? Même si cela doit mettre en péril son propre business ?

(pour en savoir plus sur les engagements de GoreFabric)

Chacun se fera son propre avis sur Gore Fabric, mais nous à La Green Session on n’est pas convaincu, ni sur le fond, ni sur la forme !

Les membranes Sympatex

Fonctionnement d'une membrane sympatex

Sympatex est une marque de membrane allemande qui appartient à l’entreprise Ploucquet. Pour la petite histoire le Sympatex vient de la contraction du mot “sympathetic” (sympathique en français) et du mot “textile”. Cette membrane est utilisée dans les vêtements (vestes et pantalons) mais aussi les chaussures.

Techniquement cette membrane répond parfaitement aux besoins de l’outdoor. Elle est imperméable, coupe-vent et respirante.

En termes d’écologie ce fut l’une des premières à s’engager. Elle ne contient aucun PFC (de quelque nature qu’il soit !). La membrane est faite en Polyether/ester 100% recyclable. Le traitement déperlant qu’elle utilise (Bionic Finish® Eco) est sans PFC.

Dans la gamme Sympatex il y existe plusieurs membranes en fonction de l’utilisation qui est faite du produit (SYMPATEX REFLEXION®, SYMPATEX HIGH2OUT®, …)

Les marques éco-responsables qui utilisent une membrane Sympatex sont :

Les membranes Ceplex et Ceplex Green

Ceplex green par vaude

Ces deux membranes ont été développées directement par la marque outdoor, Vaude.

La plus ancienne est la membrane Ceplex, pour laquelle on retrouve trois modèles en fonction du niveau de performance souhaité (active, advance, pro). Les matériaux utilisés sont le Polyuréthane (PU), le Thermoplastic Polyurethane (TPU) ou le Polyester (PES). Aucune de ces membranes ne contient du PFC.

La petite nouvelle, qui a été présenté en 2019 est encore plus “green”. C’est la Ceplex Green. La version en Polyuréthane (PU) intègre 25% de produits recyclés (à base de grain de café). Tandis que la version en Polyester (PES) intègre 50% de produits recyclés (bouteille plastique).

Le traitement déperlant associé à ces membranes est l’Eco Finish qui ne contient bien entendu aucun PFC.

La seule marque qui utilise les membranes Cetex est :

  • Vaude

Les membranes Toray

Fonctionnement membrane Dermizax

Toray est une marque Japonaise. Contrairement à la majorité des autres membranes, les membranes de Toray n’ont pas de pores. C’est à dire qu’elles n’ont pas de petits trous pour laisser passer la sueur. Mais rassure-toi la sueur est tout de même évacuée. A la place des micropores, Toray utilise des molécules qui peuvent “bouger” pour laisser respirer la membrane par des ouvertures intra-moléculaires.

Toray propose trois membranes en Polyuréthane (PU), avec des caractéristiques différentes en fonction de l’activité :

Les marques qui utilisent une membrane Toray sont :

  • Bergans of Norway
  • Peak Performance

Eco-shell

C’est la membrane développée par Fjällräven (il vaut mieux l’écrire que la prononcer cette marque !). Il s’agit d’une membrane en Polyester (PES) recyclé.

Les marques qui utilisent une membrane Eco-shell sont :

  • Fjällräven

Dryplay Biosource

Cette membrane est née de la collaboration de Picture Organic Clothing et d’Arkema (société de produits chimiques axée sur des matériaux innovants). Cette nouvelle membrane lancée en 2019 est composée à 30% de polyamide biosourcé (à base d’huile de ricin) et à 70% de PET recyclé. 

En 2019 elle n’équipe qu’un seul produit Picture, mais elle devrait entrer plus largement dans leur gamme dès l’an prochain.

Les marques qui utilisent une membrane Dryplay Biosource sont :

  • Picture Organic Clothing

Nikwax Analogy

Membrane imper-respirante Nikwax

Nikwax, qui est très connu pour ses traitements déperlant PFC Free, a également développé sa propre membrane, la Nikwax Analogy®. Ils l’ont appelée “analogy” pour sa ressemblance avec la fourrure d’un animal. Si tu l’as trouvé en photo, tu risques d’être déçu parce qu’elle n’a pas de longs poils !!! mais le principe de cette membrane est de déplacer l’eau de l’intérieur vers l’extérieur.

En revanche nous n’avons pas d’info concernant la composition de cette membrane, juste qu’elle est PFC free

Les marques qui utilisent une membrane Nikwax Analogy sont :

  • Páramo

Texapore

membrane texapore

Texapore est une membrane en Polyuréthane (PU). Elle a été développée sous trois déclinaisons :

  • texapore
  • texapore O2+
  • texapore ecosphère

Les marques qui utilisent une membrane Texapore sont :

  • Jack Wolfskin

Autres membranes sans PFC

Il existe plusieurs autres membranes ne contenant pas de PFC, en voici certaines :

  • Paltex
  • Dryedge (Millet)
  • Proof (Haglöfs)
  • Climaloop (Pyua)

Et aussi étonnant que cela puisse paraître, on est capable de proposer des vestes de ski sans membrane ! Certaines marques proposent des vestes en coton tissé très (très !) serré (donc super respirant), recouvert d’un déperlant (sans PFC) qui assure l’imperméabilité. Dans cette catégorie on retrouve par exemple la marque Jeckybeng.

Lire aussi :

Les 8 meilleures vestes de ski éco-responsables pour l’Hiver 2020

Base-layer pour le ski : Quelle matière performante et écologique privilégier ?

Base-layer en laine : Comment choisir un sous-vêtement thermique éco-responsable ?

CONCLUSION

Tu en sais maintenant beaucoup plus sur le PFC et ses alternatives. On peut donc te poser cette dernière question :

Est-ce que pratiquer un loisir dans de bonnes conditions justifie l’utilisation de produits chimiques dangereux pour l’Homme ?

Ta réponse guidera tes prochains achats 😉

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30 Commentaires sur “PFC : Pourquoi nos vestes de ski contaminent-elles la planète ?

  1. Adele Gisselmann says:

    Super article!
    Je suis contente d’avoir acheté une veste Vaude; je l’ai achetée pour ses labels, mais maintetant je les comprends 😉
    J’espère que la prochaine fois que je dois acheter des vêtements techniques pour le splitboard/ski de rando (dans longtemps du coup…), je les trouverai sur votre site !

    • LA GREEN SESSION says:

      Salut Niko,

      Merci pour ton commentaire

      Elle est géniale cette vidéo, je l’avais vu pendant mes recherches sur les PFC.
      Je pense qu’on fera un article spécifiquement sur le sujet parce que c’est super important de réactiver le traitement deperlant, surtout ceux sans PFC… Mais malheureusement peu de personnes le savent encore.

      Est ce que je pourrai te recontacter au moment où on fera l’article ?

      Encore merci !

  2. Louis du Petit Thouars says:

    Bonjour La green Session,

    Super article qui je l’espère sera lu par le plus grand nombre. Je me permets d’y ajouter quelques commentaires d’un point de vue utilisateur. Avons-nous réellement besoin de produit imperméables et respirant ? Dans un premier temps toutes ces membranes sont imperméables ou respirantes, en effet la respirabillité des membranes fonctionne par évaporation, les microgouttelettes passe à travers la membrane par un effet de différences d’humidité et de température. Or lorsqu’il pleut l’air est déjà saturé en humidité, il n’y a donc aucune chance pour que les microgouttelettes de sueur s’évapore, donc que le produit soit respirant, il reste tout de même imperméable. Mais la sueur ne s’évacuant pas on sera mouillé (a moins d’être immobile mais dans ce cas on n’est plus dans une activité Outdoor).

    Dans un deuxième temps, cette membrane est quasiment dans tous les cas dans la couche extérieur. Il faut donc que les couches intermédiaires (sous vêtement, et isolation thermique type polaire) soient également respirant. En l’occurrence une doudoune maintien l’utilisateur au chaud car elle emprisonne de l’aire dans les plumes, mais du coup ce n’est absolument pas respirant.
    Voici le lien vers un article très intéressant sur le sujet (surtout la partie 3 les parties 1 et 2 c’est + ou – votre article):
    https://www.incub.net/vetement-imper-respirant-partie-1/
    https://www.incub.net/vetement-imper-respirant-partie-2/
    https://www.incub.net/vetements-imper-respirants-partie-3/

    Je voudrais vous suggérer 2 articles :
    1. Une petite révolution vient de sortir dans le monde l’outdoor : le futurleight de The North Face. Nouvelle membrane plus respirante. Polartec avez essayé de lancer Neo shell (c’est la même chose que futurleight) il y a quelques années, mais n’avez pas réussi face à la concurrence de Gore.
    Quel sont les impacts environnementaux de cette nouvelle technologie ?

    2. Comment s’habiller? Un peu dans le style de l’article suivant, mais c’est peut être compliqué vis a vis de vos fournisseurs:
    https://www.incub.net/quelques-vetements-pour-un-an-autour-du-monde-lesquels/

    • LA GREEN SESSION says:

      Merci beaucoup Louis pour ta réponse et tes encouragements.

      Pour la futurelight de chez TNF, on a eu des retours très positifs d’un athlète qui l’a testée l’hiver dernier, par contre niveau impact environnemental on n’a peu d’informations… Il y a un peu de recyclage, une fabrication dans une usine “éthique” mais rien sur la compo de la membrane, ni sur le traitement deperlant… Généralement lorsque les marques font du PFC free elles s’en “vantent”, la rien… On va donc attendre un peu pour en savoir plus.

      Encore merci pour tes partages d’articles, c’est vraiment super !

    • LA GREEN SESSION says:

      Merci Jeremy, effectivement quand on voit l’impact que les PFC peuvent avoir sur notre sante, ça fait peur ! C’est pour cela qu’on veut vraiment encourager les marques qui font les choses bien.

  3. lolo says:

    Pour rebondir sur la futurlight de North Face.
    Un autre critère d’une veste respectueuse de l’environnement est las solidité et durabilité ce qui demande du recul et de voir la qualité des productions “de masse”. Cela ne me semble pas gagné pour cette techno car le Neoshell de polartec que j’ai eu a complètement lâché en un an d’usage modéré et vu la réaction du SAV ce n’était pas un cas isolé (Merci le SAV de RAB).

    À mon avis le Neo shell a foiré parce que pas solide du tout, sans quoi sa superbe respirabilité et douceur l’auraient gardé sur le marché. Vu que North Face ce ne sont pas des écolos et ont cherché la performance je parie qu’ils ont bien chargé en PFC le DWR et pour la durée de vie de l’étanchéité le “light” n’augure rien de très prometteur.

    Sauf grosse bonne surprise sur ces deux point leur matière sera une technologie de pointe pour les fanatiques de performance mais pas une option écologique.

    • Pierre Barbez says:

      Re salut Loic,

      En ce qui concerne la Futurelight, j’ai bien peur que tu ais raison… la non communication vis à vis du PFC ne laisse rien présager de bon… à suivre !

      Encore merci pour tes contributions. T’es un vrai spécialiste !! C’est quoi ta discipline de prédilection ?

  4. michmich says:

    Merci pour ce superbe article, complet et critique sur un sujet qui le mérite. L’exhaustivité et l’analyse détaillée que vous faites sont extraordinaires et permettent de vraiment comprendre ce sujet.

    Mon suel point d ecritique concerne le PTFE, https://fr.wikipedia.org/wiki/Polyt%C3%A9trafluoro%C3%A9thyl%C3%A8ne

    Ce polymère ets super stable chimiqueemnt donc Gore a bien raison de distinguer cela des molécuels courtes et volatiles qui composent les DWR. D’autant que ces DWR ne sont pas durables et semblent partir au lavage/usage alors que la membrane polymère reste bien solide dans les Goretex..
    Le point sur les usines et fin de vie est le vrai sujet mais s’ils sont sérieux et transparent la dessus alors je comprend la position de greenpeace (que je critique pourtant souvent).

    Mettre en avant les nombreuses alternatives performantes pour les “amateurs” que nous sommes c’ets vraiment super important car on voit le rôle des petites marques qui méritent un max ainsi que de vrais écolos sérieux comme Vaude ou Haglöf (derniers engagements plus sérieux) par rapport à Patagonia qui est parfois bien criticable.

    • Pierre Barbez says:

      Salut Loic,

      Il est top ton message, merci. ça fait plaisir de voir que les consciences s’éveillent et si on peut y participer modestement c’est tant mieux !
      Les PTFE sont un moindre mal, même si l’idéal serait de s’en passer. Parce que comme tu le dis les points critiques sont au moment de la fabrication et de la destruction.
      Pour ce qui est de la destruction aujourd’hui qui peut dire ou finissent nos vestes ?
      Pour ce qui est de la fabrication, tu as peut-être raison de faire confiance, mais moi je reste méfiant… Ont-ils appris grâce à GreenPeace que les PFC étaient si polluants ? Ou le savaient-ils avant, et n’ont décidé d’en sortir depuis que GreenPeace y a mis son nez ? J’ai ma petite idée du la réponse.
      On va bientôt sortir un article avec des exemples de modèles de vestes parmi les plus “cleans” de l’hiver 2020.

  5. Antoine says:

    Salut!
    Merci pour cet article très instructif (et pour le site dans son ensemble !!)
    Je me demandais ce qu’il en était des membranes en polyuréthane (style mp+, utilisé notamment par Vertical). Il me semble que ça ne contient pas de PFC, mais avez-vous plus d’infos sur ce type de membrane ?

    • Pierre Barbez says:

      Salut Antoine,

      Merci beaucoup pour ton commentaire.

      A ma connaissance il n’y a pas de PFC dans le process de fabrication des membranes en polyuréthanes. Cependant il faut aussi vérifier que l’agent déperlant ne contient, lui non plus, pas de PFC.

      En ce qui concerne le Polyuréthane, cela reste une molécule organique utilisée par l’industrie de la Chimie. Son impact n’est donc pas neutre pour l’environnement et la santé… même s’il semble bien moins toxique que les PFC.

  6. Thibault says:

    Hello,
    Super article ! On parle beaucoup des vêtements typés montagne mais qu’en est-il des vêtements mer où le gore-tex prend une place énorme ? Existe t’il des marques PFC free ?
    Merci

      • Thibault says:

        Bonsoir Pierre,
        Désolé pour la réponse tardive. Je pensais en particulier aux salopettes et vestes qu’on peut utiliser en voile inshore ou course au large. Cela pour des marques comme Musto, Helly Hansen, Guy Cotten et sa membrane dremtech+…

        • Pierre Barbez says:

          Salut Thibault,

          Je ne savais pas qu’il pouvait y avoir du PFC dans ces produits (nous on est plus sur des planches que sur des coques 😉 ). Mais en même temps ça ne m’étonne pas… la volonté est de rester au sec, comme pour le ski.

          • piegayfred says:

            Bonjour, j’ai plusieurs questions/remarques :
            – en quoi laver et sécher au sèche linge la veste réactive la deperlance?
            – une membrane c est une membrane…normalement si la membrane (gore tex pour moi, c est pas Fifou mais j’ ai que ça) si elle n’ est pas abîmée ou détériorée, peut durer des années et des années ?
            – enfin, je connaissais NST que j utilise, en revanche j ai plus de doutes sur le côté écolo de Nikwax…!
            Merci

          • Pierre Barbez says:

            Salut Fred,

            Merci pour tes questions, ça nous permet de creuser encore plus le sujet 😉

            Le nettoyage de la veste va permettre d’éliminer les particules (poussières, gras, etc..) qui bouchent les pores de ta membrane. Ce “bouchage” va avoir un impact sur la respirabilité de la membrane. C’est pour cela qu’il est important de nettoyer de temps en temps sa veste. Il faut faire attention à ne pas utiliser une lessive qui pourrait laisser justement des résidus à la surface de la membrane. Certaines marques préconisent même de faire 2 rinçages. Il ne faut jamais utiliser d’adoucissant. En ce qui concerne le séchage pour la réactivation de la déperlance je t’avoue que je ne connais/comprends pas le “phénomène” en question. On va se renseigner et on revient vers toi.

            Tu as raison, si ta membrane n’est pas abîmée, son rôle d’imper-respirabilité peut fonctionner très longtemps. Par contre pour que son fonctionnement soit optimal, il faut que le tissus qui est collé sur cette membrane soit parfaitement déperlant, sinon il se gorge d’eau et donc bouche les pores de la membrane qui ne pourra plus respirer… tu prendras donc l’eau par l’intérieur.
            Ta remarque sur Nikwax nous intrigue (mais nous intéresse au plus haut point), peux-tu nous dire ce qui te met le doute sur le coté écolo de Nikwax ?

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  9. Pingback: Choisir une veste de ski / montagne qui ne pollue pas (sans PFC)

  10. Aude says:

    Super article clair et concis, merci bcp !
    Il y a juste un truc qui me chiffonne, Greenpeace qui pointe Patagonia comme mauvais élève et on le retrouve dans votre Top 50 des marques éco-responsables…
    J’ai pe loupé quelques choses ou bien les docs de GreenPeace commencent à dater ?

    • Pierre Barbez says:

      Salut Aude,

      Merci pour ton gentil message, et pour ta très bonne question !

      En effet Patagonia est dans notre Top 50 des marques de glisse éco-responsable. C’est même l’une des premieres qu’on a noté sur notre liste lorsque’on a décidé d’écrire ce guide.
      C’est une marque très engagée et même militante. La majorité de ses produits sont éco-conçus … la majorité ne veut pas dire la totalité et au niveau des vestes (hard shell) ils ont effectivement un problème avec le PFC. Et bien qu’on aime beaucoup la marque, on ne pouvait pas occulter ce point-là. Mis à part sur le site de Greenpeace, c’est une info qui est très rarement mentionnée. Notre indépendance vis à vis des marques nous permet d’avoir cette liberté.
      Depuis notre article, nous avons eu plusieurs échanges avec Patagonia. Ils ont reconnu l’utilisation du PFC et ils l’assument. Pour Patagonia il n’y a rien à ce jour de plus performant que le PFC … cependant ils travaillent à des alternatives et il semblerait que les choses commencent à s’accélérer de ce coté là … alors wait (pas trop longtemps on espère) and see !

  11. Monsieur Matos says:

    Merci pour cet article très complet. Il m’a permis d’y voir un peu plus clair et de pouvoir aborder la question ecologique dans ma vidéo à venir sur les vestes en Gore-tex. Petit bémol, tout de même, lorsque vous abordez les membranes alternatives il n’est pas fait mention de leur réelles performances. Par exemple, si toutes ces membranes peuvent se targuer d’être respirantes, toutes n’affichent pas le même niveau de performance à ce sujet. Typiquement, si le Sympatex est respirant sur le papier, sa respirabilité est tellement naze que sur le terrain, lors d’une réelle activité (ski de rando, randonnée, alpinisme) c’est une vraie bouilloire! Du coup le réel souci n’est pas tant de trouver une membrane alternative mais d’en trouver une qui soit efficace pour offrir une VRAIE alternative au gore-tex. Peut-être le sujet d’un article aussi bien détaillé? 🙂 Merci encore pour ce TRES beau boulot!

    • Pierre Barbez says:

      Salut Monsieur Matos,

      Merci beaucoup pour ton commentaire.

      Dans cet article on s’est uniquement focalisé sur la “théorie”, avec pour objectif de trouver des alternatives aux PFC (pour la membrane et pour le traitement déperlant). Mais tu as raison pour trouver une réelle alternative il faut aussi tester la performance ET la durabilité (paramètre important si on veut vraiment être éco-responsable).

      Suite à l’article sur les PFC nous avons sélectionné 8 vestes (https://www.lagreensession.com/meilleures-vestes-de-ski-eco-responsables/) et nous avons demandé à des rideurs/euses de la communauté de les tester, dont une membrane Sympatex avec la veste Eve de chez Lagoped.

      Les 2 retours que nous avons eu sont très bons (même pour la respirabilité). Voici les 2 articles :
      https://www.lagreensession.com/test-veste-de-ski-homme-eco-responsable-eve-de-chez-lagoped/
      https://www.lagreensession.com/test-veste-ski-femme-eco-responsable-eve-lagoped/

      Après discussion avec les fabricants, il semblerait que la membrane ne soit pas le seul “paramètre” qui entre en compte dans la respirabilité d’une veste. Il s’agit en fait d’un trio : membrane, tissus et traitement déperlant… Mais peut être qu’avec les membranes Sympatex cet “équilibre” est plus dur à trouver. Si tu as plus d’info à ce sujet on est preneur 😉 !

      Et puis maintenant nous attendons le retour sur la durabilité de ces vestes… pour ça il faut encore patienter quelques mois que la neige revienne et que nos testeurs.euses s’éclatent de nouveau !

      Encore merci pour ton commentaire, on à hate de voir ta vidéo !

      Pierre

      • Monsieur Matos says:

        Bonjour Pierre, je suis désolé, je pensais recevoir une notification lorsque tu m’aurais répondu du coup je n’avais pas vu ta réponse!
        Merci pour tes précisions.
        Pour ce qui est de la respirabilité il y a d’autre choses qui rentrent en ligne de compte et notamment la finition (qui joue sur la largeur des bande d’étanchéité) j’en parlerai dans ma vidéo.

        Cela peut expliquer (en partie) les bons retours de respirabilité sur les test que vous avez réalisé, malgré des chiffres pas terrible.
        Après les ouvertures de la Eve semble jouer très efficacement et donc biaiser (en mieux) le résultat.
        Il serait surtout intéressant d’avoir des retours de cette veste sur de la rando estivale: c’est moins une veste de ski en réalité qu’une veste d’alpi sensée être utilisée toute l’année.
        L’autre chose que je sais de cette veste c’est que justement le manque de déperlance due à l’absence de PFC imbibe plus facilement le nylon extérieur et ce qui a généralement pour effet de boucher les pores et donc… de moins respirer!

        La vidéo n’est pas encore sortie mais est en cours de tournage/montage.
        M’autorise-tu à renvoyer les gens vers ton article, que je trouve très bien fait?
        L’idée c’est de dire dans la vidéo que je met un lien dans la description pour ceux qui voudraient approfondir le sujet. (je ne pourrai pas le développer autant dans la vidéo que ce que tu l’as fait par écrit)

        • Pierre Barbez says:

          Salut Mister Matos,

          Merci beaucoup pour ton retour, nous avons quelques vestes Eve encore en test et allons vérifier les point que tu viens de nous communiquer.
          Ce n’est vraiment pas évident pour les marques de quitter les membranes Gore et le PFC… enfin c’est facile de le faire, mais pour obtenir des performances équivalentes ce n’est pas évident. A nous utilisateurs de comprendre cela, de comprendre les enjeux écologiques qu’il y a derrieres et de peut être être un peu plus indulgent… ça sera peut être un peu moins “confortable”, mais n’est-ce pas le prix à payer pour préserver le plus longtemps possible nos spots ?
          Au sujet des PFC on a un nouvel article sur son impact sur la fertilité des mouettes (on a des “branleur de mouettes” dans la communauté 😉 ) qui va sortir la semaine prochaine, il vaut le détour !
          Pour l’utilisation du lien vers l’article, vas y c’est open bar, au contraire ça nous fait super plaisir.
          Passe nous dire quand ta vidéo sera en ligne, on a hate de la voir 🙂

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