NOTOX : la marque de surf à l’ADN éco-responsable

Rencontre entre La Green Session et Notox

Quand on associe les mots « surf » et « environnement » on pense directement à l’association surfrider foundation.

Par contre quand on associe les termes « planche de surf » et « environnement » alors le premier mot qui nous vient à l’esprit est Notox.

Dans cet article tu vas tout savoir sur la démarche éco-responsable qui se cache derrière cette marque de surf proposant des planches artisanales et made in France.

SOMMAIRE :

Quelle que soit l’expression tapée dans ton moteur de recherche favori « planche de surf bio », « planche de surf éco-responsable » ou encore « planche de surf écologique », le site de la marque Notox apparait toujours dans les premiers résultats.

Et quand on creuse un peu, ça parait assez logique…

Cela fait maintenant 10 ans que Pierre Pomiers et ses associés intègrent la dimension environnementale dans la conception et la fabrication de leurs planches de surf.

En développant le concept de la glisse éco-responsable avec La Green Session, nous avions dès le début identifié Notox comme un acteur majeur de ce secteur.

Il fallait absolument rencontrer l’équipe pour en savoir plus sur leur démarche et sur leur expertise acquise tout au long de ces dix années.

On a donc profité de notre dernier trip dans le Pays Basque pour rencontrer Pierre Pomiers, associé fondateur de la marque, dans son atelier.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la rencontre fut très sympathique et enrichissante…

Bouton vers page téléchargement guide fabrication planche de surf

Une réflexion globale et structurée

Tu connais le cliché du surfeur branleur à la Brice de Nice ?

Et ben Pierre c’est l’exact opposé !

Après quelques minutes passées en sa compagnie à visiter son atelier, on a tout de suite compris que l’on avait à faire à quelqu’un de méthodique et de structuré.

Et en tant qu’anciens scientifiques, cela n’était pas pour nous déplaire 😊

Au fil des échanges et assez rapidement, Pierre annonce très clairement sa volonté d’avoir une approche globale sur son activité. Il souhaite proposer des planches de surf éco-responsables dont l’impact a été étudié tout au long du cycle de vie.

Ne pas respecter cette démarche est selon lui la meilleure façon de prendre de mauvaises décisions et de focaliser ses efforts aux mauvais endroits.

Partir d’une bonne idée pour améliorer une étape du process peut parfois se faire au détriment d’autres aspects et s’avérer au final moins bénéfique pour l’environnement.

Pour mettre en pratique cette philosophie, Notox se repose sur une méthode scientifique : l’Analyse de Cycle de Vie (ACV).

Contrairement au bilan carbone qui se base uniquement sur le critère des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, l’ACV est une méthode d’évaluation multicritères (rejets, déchets, émissions, etc…) qui permet de dresser un bilan environnemental d’un produit sur l’ensemble de son cycle de vie : extraction des matières premières, process de fabrication, transport, utilisation et élimination en fin de vie.

L’ACV présente selon nous deux gros avantages :

  • Avoir une vue d’ensemble de l’impact environnemental d’un produit.

Cela permet d’identifier rapidement les étapes les plus polluantes et de focaliser ses efforts dessus.

  • Comparer les produits entre eux pour pouvoir prendre des décisions éclairées.

La réalisation d’une ACV détaillée est un processus assez complexe qui manipule une quantité astronomique de données. C’est pourquoi il est nécessaire de faire appel à des spécialistes ou alors de s’équiper de logiciels dédiés.

Et tu t’en doutes… cela a un prix et tout le monde ne souhaite/peut pas investir plusieurs milliers d’euros dans une ACV.

Heureusement il existe des méthodes simplifiées qui permettent de dégager les grandes tendances et de comparer efficacement plusieurs produits selon la même grille d’analyse.

Et c’est ce qu’utilise NOTOX pour prendre ses décisions.

Point de départ : comprendre l’impact d’une planche de surf polyester

Avant de se lancer dans la conception d’une planche de surf plus écologique, il est nécessaire de bien comprendre l’impact d’une planche de surf classique (mousse PU, tissu en fibre de verre et résine polyester).

Cela permet non seulement d’identifier les principaux leviers d’amélioration mais également de définir un point de repère pour mesurer le gain potentiel d’une nouvelle technologie.

Voici donc le résultat de l’ACV sur les planches polyester menée par Notox :

ACV planche de surf polyester

Sur le podium des impacts, on retrouve en première position la résine polyester puis la mousse PU et en troisième position le tissu en fibre de verre.

On va voir dans la suite de cet article comment Notox agit pour limiter son impact sur l’ensemble du cycle de vie de la planche.

Pour approfondir le sujet, je te conseille de lire également les articles suivants :

La R&D au service de l’innovation

Une fois le point de référence établi (impact d’une planche polyester), le travail de recherche et développement peut alors commencer pour identifier les solutions innovantes qui permettront de réduire le bilan environnemental d’une planche de surf.

En gros ça consiste à identifier des nouvelles matières premières, des nouveaux fournisseurs ou encore de nouvelles techniques de fabrication.

L’objectif étant toujours d’agir sur une ou plusieurs étapes de l’ACV pour réduire l’impact global.

Bien évidemment ces nouvelles solutions sont également testées dans l’eau pour s’assurer que le gain environnemental ne se fait pas au détriment des performances techniques.

Avant de pouvoir commercialiser une nouvelle planche, l’équipe Notox dépense donc beaucoup d’énergie pour fabriquer et tester des prototypes.

Pour illustrer l’implication de Notox en R&D je vais te raconter ce que Pierre m’a répondu à la question : « et sinon, qu’est ce que tu penses des planches de surf en carton ? »

Pierre nous a alors amené dans une autre partie de son atelier et il nous a montré un tas de chutes de carton alvéolé.

Il commence par nous expliquer que le carton structuré en nid d’abeille résiste mieux à la compression que la mousse EPS ou PU. Il continue en nous expliquant que c’est une matière première qui présente également les avantages d’être assez légère et recyclable.

structure carton en nid d'abeille
Structure en nid d’abeilles

Il poursuit avec un gros MAIS…

Cette matière présente également le gros défaut de ne pas tenir à l’eau. En cas d’infiltration, le carton se désagrège aussitôt et la planche est bonne pour la poubelle.

Cependant il n’a pas stoppé pour autant sa réflexion à ce stade. Intéressé par les avantages que représente cette matière il s’est alors rapproché d’un industriel français spécialisé dans le domaine.

Ils ont alors travaillé en collaboration pour mettre au point un traitement qui pourrait rendre le carton hydrophobe et donc résistant à l’eau.

Après plusieurs semaines, ils arrivent à la conclusion qu’il est possible techniquement de mettre en place un tel traitement sur une carton en nid d’abeille mais que les volumes ne sont pas suffisants pour déployer le procédé à l’échelle industrielle.

Pour cet exemple, la solution étudiée n’a finalement pas abouti et n’a pas été commercialisée.

Ce n’est heureusement pas le cas pour toutes les pistes étudiées et certaines passent avec brio l’étape de validation de la faisabilité technico-économique.

Cependant la réflexion ne s’arrête pas là et avant de valider une solution, il faut passer à la moulinette de l’ACV.

Par exemple est-il pertinent de rajouter une nouvelle matière première comme le liège ? Seule l’ACV peut répondre de façon objective.

Elle permet de mettre en perspective les gains générés (réduction quantité de résine, meilleure solidité,…) avec les nouveaux impacts (extraction et transport de la matière, recyclabilité,…).

On verra un peu plus bas que finalement le liège présente un bilan environnemental très positif.

Bien évidemment la R&D est un travail de fond qui ne s’arrête jamais. D’autres projets sont actuellement en cours d’étude mais comme tu l’imagines, je ne peux pas t’en dire plus…

Notox privilégie des matières premières plus propres

Toutes les recherches menées pendant ces dix dernières années ont permis de définir selon Notox les matières qui présentent le meilleur compromis performance/écologie.

Cela a donc donné naissance aux 3 gammes proposées dans le catalogue Notox :

Gamme KORKO :

  • Noyau en mousse polystyrène extrudé recyclé entre 20 et 50%
  • Deux couches de tissu en fibre de lin (une sur le pont et une sur la carène)
  • Résine époxy bio sourcée à 56%
  • Deux feuilles de liège (une sur le pont et une sur la carène)
gamme korko surf notox
Gamme Korko

Gamme greenOne® :

  • Noyau en mousse polystyrène expansé (EPS) recyclé entre 20 et 50%
  • Stringer bois
  • Deux couches de tissu en fibre de lin (une sur le pont et une sur la carène)
  • Résine époxy bio sourcée à 56%
gamme korko et greenone
Planche Korko (à gauche) et greenOne (à droite)

Gamme greenFlex® :

  • Noyau en mousse polystyrène expansé (EPS) recyclé entre 20 et 50%
  • Stringer en PET recyclé
  • Deux couches de tissu en fibre de lin (une sur le pont et une sur la carène)
  • Résine époxy bio sourcée à 56%
  • Pont renforcé en bambou FSC
planche greenFlex Notox
Planche greenFlex Notox

On a vu dans l’ACV réalisée sur une planche polyester que les 3 principaux impacts provenaient du noyau en mousse PU, de la résine polyester et du tissu en fibre de verre.

Dans sa construction, Notox a donc substitué ces trois matériaux par des alternatives recyclées et végétales.

Notox a également travaillé sur la réduction de la quantité nécessaire en matière première. Le principal enjeu étant de réduire la quantité de résine utilisée, Notox a adopté la technique de stratification sous vide qui permet d’optimiser la quantité de résine et de limiter les pertes.

Notox adopte une démarche qui tend vers le zéro déchet

La réduction des déchets est également un axe prioritaire de travail de la marque NOTOX.

Contrairement aux planches classiques qui produisent 6 kg de déchet, les planches NOTOX en génèrent 4 kg.

Réduire la quantité de déchets de 6 à 4 kg est une très bonne étape mais l’avantage de la démarche Notox ne s’arrête pas là. Par le choix de ses matériaux, Notox a également amélioré la recyclabilité des déchets générés.

Sur les 4 kg de déchets produits lors de la fabrication des planches greenOne et greenFlex, seulement 1 kg n’est actuellement pas recyclé. Il correspond aux chutes de résines et au tissu polyester imprégné de résine suite à l’étape de stratification sous vide.

Et pour la gamme Korko, les résultats sont encore plus impressionnants car 100% des déchets produits sont recyclés. Cela s’explique par l’utilisation des feuilles de liège qui permettent de remplacer le tissu polyester nécessaire à la stratification sous vide. Même les poussières de liège sont collectées via un système d’aspiration puis recyclées.

Planche de surf Notox Korko en cours de fabrication
Planche Korko en cours de fabrication

Notox favorise un circuit court

L’autre impact que Notox essaie de réduire au maximum est le transport des matières premières.

C’est bien de vouloir fabriquer une planche de surf en France avec des produits plus « éco-friendly ». Mais si ces produits traversent la moitié du globe avant d’arriver dans l’atelier alors quel est le réel bénéfice de la démarche ?

Pour éviter ce paradoxe, Notox cherche à s’approvisionner le plus localement possible.

La mousse polystyrène et la résine époxy bio sourcée sont achetées en France, le tissu en fibre de lin est tissé en Belgique à partir d’une fibre cultivée en France et les feuilles de liège sont achetées au Portugal.

Bouton vers page téléchargement guide fabrication planche de surf

ACV des planches Notox

On vient de lister les principales alternatives que Notox avaient mis en place ces dernières années pour réduire l’impact environnemental de ses planches.

Maintenant il est temps de voir ce que cela donne d’un point de vue ACV et quels sont les gains obtenus par rapport à une planche polyester.

On peut donc constater que les planches Notox permettent de réduire leur impact environnemental de 58 à 45% en fonction de la construction choisie par rapport à une planche polyester.

La construction la plus écologique est la gamme Korko qui grâce notamment à l’utilisation des feuilles de liège permet de réduire la quantité de résine et de limiter les réparations nécessaires compte tenu de la meilleure solidité de ces planches.

Des planches labellisées ECOBOARD Project

ECOBOARD Project est un label développé par l’association sustainable surf et qui vise à certifier les planches de surf éco-friendly. L’objectif est de permettre aux surfeurs de pouvoir identifier rapidement une planche fabriquée dans des conditions plus respectueuses de l’environnement.

Notox fait partie des rares shapers qui disposent de ce label en France. De par son engagement poussé dans le domaine de l’éco-responsabilité, toutes les planches Notox sont certifiées par le plus haut niveau de certification à savoir le level Gold.

Si tu ne connais pas le label ECOBOARD project et que tu veux en savoir plus, je t’invite à lire l’article que l’on a publié sur les planches de surf écologiques. On y présente notamment les principales différences entre les deux niveaux de certification : level One et level Gold.

Des conditions de travail éthiques

Une véritable démarche éco-responsable ne se limite pas à respecter l’environnement en proposant des planches plus écologiques. Elle s’accompagne également d’une volonté d’améliorer au maximum les conditions de travail pour préserver la santé des shapers.

C’est pourquoi Notox a conçu son atelier de shape en partenariat avec la CARSAT et l’inspection de travail.

Au-delà de la conformité réglementaire, l’atelier Notox est très avancé en termes d’ergonomie et de protection de la santé (ventilation, solvants,…)

Atelier de shape notox
Les salles de shape Notox sont équipées de mur de ventilation pour extraire l’air vicié

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui… J’espère que tu en sais un peu plus sur la marque de surf Notox et sa démarche éco-responsable.

Si tu as déjà testé une planche Notox, ça serait top si tu pouvais partager ton avis avec le reste de la communauté en laissant un commentaire.

Et si tu as besoin d’infos complémentaires, tu peux nous envoyer un message ou contacter directement Pierre Pomiers. Il se fera un plaisir de te renseigner…

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4 Commentaires sur “NOTOX : la marque de surf à l’ADN éco-responsable

  1. Pingback: 10 idées de surf camp en France pour éviter de prendre l'avion - La Green Session

  2. Olivier says:

    Salut. J’ai acheté il y a peu une planche Notox Greenflex Longfish. J’avais déjà remarqué que c’était une super planche. Ravi que votre article confirme que c’était aussi un très bon choix sur le plan écologique.
    PS : votre article a oublié de préciser que chez Botox ils sont, en plus, très sympathiques 🙂

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