Ponchouille, un poncho éco-responsable qui a beaucoup moins d’impact qu’un poncho traditionnel

Tu nous connais, si on écrit que le Ponchouille est un poncho de surf éco-responsable, ce n’est pas parce que c’est putaclic (même si ça l’est !). C’est surtout parce que nous l’avons mesuré et calculé avec une agence spécialisée dans ce genre d’études.

Pour arriver à ce résultat, nous avons comparé les ACVs (l’Analyse du Cycle de Vie simplifiée) de Ponchouille et d’un poncho de surf « traditionnel » du marché (on précisera dans l’article ce qu’on entend par traditionnel).

Tu veux savoir comment on a fait ?

On t’explique toute la méthode dans cet article.

Sommaire :

Qu’est-ce qu’une ACVs ?

Pour te parler des ACV il nous faudrait des heures (ou plutôt des lignes et des lignes…), mais comme ce n’est pas le but de cet article on va rester soft. Par contre si tu veux creuser le sujet pour briller au dîner de ce soir, on a écrit un article dédié aux ACV.

Si tu veux juste briller pour un apéro, reste ici, on va t’expliquer l’ACV en quelques secondes. 

ACVs c’est l’acronyme  d’Analyse de Cycle de Vie simplifiée. En gros, c’est une analyse qui permet de calculer les impacts d’un produit tout au long de sa vie.

Mais qu’entend-on exactement par impact ??? Bonne question Jamie.

Le plus médiatisé c’est l’impact sur le changement climatique avec le CO2. Mais un produit peut avoir des impacts sur différents critères. Dans notre étude, nous avons considéré les critères d’impact suivants :

  • L’appauvrissement de la couche d’ozone
  • L’épuisement des ressources
  • Le changement climatique
  • L’acidification
  • L’eutrophisation aquatique
  • La formation d’ozone pétrochimique

L’étude mesure les impacts d’un Ponchouille et d’un poncho traditionnel pour chacun de ces critères d’impact. C’est en comparant les résultats que nous avons pu déterminer lequel des deux produits a le moins d’impact.

Maintenant que tu as la base en ACV, rentrons dans le vif du sujet !

ACVs Ponchouille vs. poncho traditionnel

Les cycles de vie

Il faut dans un premier temps retracer toutes les étapes de la vie du Ponchouille, de sa fabrication à sa fin de vie en passant par son utilisation (et oui ça se lave un Ponchouille !). On fera ensuite la même chose pour le poncho traditionnel. Une fois que nous aurons déterminé toutes ces étapes, nous mesurerons l’impact pour chacun des 6 critères d’impact que nous souhaitons étudier.

Il ne restera plus qu’à les comparer pour savoir qui du Ponchouille ou du poncho traditionnel a le plus d’impact (le titre de l’article a complètement spoilé ce passage!).

Le cycle de vie du Ponchouille

Pour connaître le cycle de vie du Ponchouille, on t’embarque avec nous dans les coulisses de sa fabrication.

Un Ponchouille heureux ça ressemble à ça 😉

Pour rappel, le Ponchouille est un poncho de surf fabriqué à partir de serviettes de plage upcyclées. C’est-à-dire qu’on récupère des “vieilles” serviettes chez Le Relais (centre de tri textile) qu’on assemble pour en faire des Ponchouilles. Cela permet de revaloriser localement de la matière jetée.

Voici un schéma du cycle de vie complet du Ponchouille :

Quand on observe le cycle de vie d’un Ponchouille à la loupe on se rend compte qu’il n’a pas une, mais deux “vies” :

  • Celle de la serviette (avant qu’elle ne soit jetée dans une benne Le Relais)
  • Celle du Ponchouille

Et entre les deux il y a toutes les étapes de collecte, tri et nettoyage des serviettes. Ces étapes ont un impact qu’il faut bien entendu prendre en compte.

Le cycle de vie d’un poncho de surf “traditionnel”

Voici les différentes étapes du cycle de vie d’un poncho traditionnel :

  • Fabrication du poncho (cela comprend toutes les étapes de culture du coton, puis de transformation).
  • La distribution : La production du coton et la transformation ont lieu dans des pays lointains (on verra cela dans le chapitre sur les “hypothèses”), il faut donc les rapatrier ici en France, puis les transporter jusqu’au lieu d’achat.
  • L’utilisation : Comme pour le Ponchouille, le poncho va être lavé (y a pas de raison !).
  • Et la fin de vie du poncho où il sera détruit.

Comparaison des deux cycles de vie

Attention là ça va se compliquer un tout petit peu…

Le cycle de vie du Ponchouille remplissant deux fonctionnalités (serviette + Ponchouille). nous devons le comparer à l’addition du cycle de vie d’une serviette et du cycle de vie d’un poncho traditionnel.

Tu suis toujours ? avec un dessin c’est plus simple :

Étant donné que nous faisons une analyse comparative, nous pouvons simplifier l’étude en excluant les étapes identiques des deux côtés de l’équation (cours de math de 4e… comme quoi ça pouvait servir) :

Ce qui donne après simplification la comparaison suivante :

L’upycling est quelque chose qui a encore du mal à rentrer dans les cases des ACV… On a du mal à valoriser l’impact positif de la réutilisation d’un produit (ici la serviette) plutôt que sa destruction. Cette méthode de calcul (prise en compte des 2 vies) permet de valoriser le fait que le Ponchouille évite la destruction de serviettes.

Maintenant que le périmètre de l’étude est défini, il faut remplacer les pictos et les flèches par des valeurs chiffrées. Pour cela, on doit faire des hypothèses…

Les Hypothèses

Les hypothèses permettent d’aller encore plus loin dans le cycle de vie et de détailler chaque étape.

Certaines données sont figées, on peut donc les calculer ou les mesurer. Cependant, d’autres données vont dépendre de l’utilisation faite du poncho. Pour celles-ci, nous devons donc établir un certain nombre d’hypothèses, comme par exemple :

  • La durée de vie du produit. Ici nous avons pris 2 ans pour les 2 produits… en espérant vraiment que cela soit plus !!
  • Le nombre de fois qu’un utilisateur va laver son poncho (car oui le lavage à un impact non négligeable). Ici nous avons pris 1 lavage par mois, soit 24 lavages sur toute sa vie.
  • Pour le poncho traditionnel, nous avons pris l’exemple d’une marque connue. Il est fabriqué en coton conventionnel (non bio), en Inde. La plupart des ponchos vendus aujourd’hui en France sont très proches de ce schéma là (coton conventionnel, fabriqué à environ 8000km).

En fonction de ces hypothèses les résultats peuvent varier.

Dans notre cas, les produits sont très proches (même fonctionnalité), donc même si les hypothèses prises varient d’un utilisateur à l’autre, le résultat final de l’étude serait identique.

Les résultats

Suite aux hypothèses, nous avons calculé pour chacun des ponchos les impacts sur les 6 critères.

Et comme un schéma vaut mieux qu’un long discours, voici les résultats :

Comparaison des impacts du Ponchouille Vs les impacts d’un poncho traditionnel sur 6 critères

La barre de gauche représente le Ponchouille, celle de droite le poncho traditionnel.

« Le Ponchouille est au moins 89% moins impactant qu’un poncho traditionnel« 

Sur les 6 critères, le Ponchouille à un impact inférieur au poncho traditionnel.

Sur 5 des 6 critères étudiés, Le Ponchouille est au moins 89% moins impactant qu’un poncho traditionnel. Soit 9 fois moins impactant !

Le seul critère sur lequel l’écart est moins important est l’épuisement des ressources. Pour ce critère le Ponchouille “n’a que” 2 fois moins d’impact qu’un poncho traditionnel. C’est essentiellement dû à la fin de vie du produit… à nous de trouver des solutions pour que cet écart soit encore plus grand ;-).

Autre chose qui saute aux yeux au niveau des résultats. Si on considère toute la vie d’un Ponchouille, on remarque que la majorité des impacts est liée à son utilisation et non sa production (en violet sur le graphique). Nous reviendrons prochainement dans un article pour décortiquer les impacts du lavage et essayer de trouver des solutions pour les réduire.

Conclusion

L’objectif de cet article est de démontrer que le Ponchouille est une vraie bonne idée écologique. On souhaitait faire cette démonstration non pas à coup de messages marketing ou de belles histoires… mais avec une approche cartésienne et en totale transparence.

On espère que cette approche t’a convaincu et qu’elle pourra inspirer un certain nombre d’autres acteurs qui se vantent d’être “green” sans jamais en apporter la moindre preuve… On pense notamment à certains fabricants de combinaisons de surf… si tu vois ce que je veux dire.

Et puis si tu as des questions ou que tu souhaites challenger cette étude d’impact, n’hésite pas à le faire en commentant cet article. Au mieux ça nous permettra de briller et au pire… de nous améliorer 😉

 » Il reste un dernier point… qui n’est pas du tout pris en compte dans cette étude. En choisissant de produire en France… On est sûr que les droits des travailleurs sont respectés « 

Avant de te laisser, il reste un dernier point qui a pour nous une extrême importance et qui n’est pas du tout pris en compte dans cette étude, c’est l’aspect social.

En choisissant de produire en France, dans une démocratie, avec un code du travail qu’on pourrait qualifier de… béton. On est sûr que les droits des travailleurs sont respectés, et si jamais cela n’était pas le cas (tout le monde n’est pas bienveillant en France) il existe un certain nombre de lois pour que les travailleurs fassent respecter leurs droits !

Ce qui n’est pas toujours (jamais ?) le cas lorsqu’un produit est fabriqué dans un pays qui n’a pas le même cadre législatif… A méditer !


On souhaiterait remercier l’agence Think+ et la Région Bretagne pour leur aide et support dans ce projet.

Sur recommandation de l’agence Think+, on tient à préciser que cette étude n’a pas fait l’objet d’une validation par une tierce partie.

2 Commentaires sur “Ponchouille, un poncho éco-responsable qui a beaucoup moins d’impact qu’un poncho traditionnel

  1. Marion dit:

    Bonjour,
    je lis ceci « En choisissant de produire en France… On est sûr que les droits des travailleurs sont respectés « , or si j’ai bien compris vous produisez en ESAT.

    Les personnes handicapées travaillant en ESAT ne sont pas considérées comme salariées, mais usagers.
    Elles sont payées bien au-desous du SMIC, car on complète juste leur AAH, sauf que cela les prive de salaire indirect : notamment des cotisations retraite ! Travailler une bonne partie de sa vie, mais finir avec un minimum retraite…

    Le droit du travail ne s’applique pas en ESAT, ils n’ont ni droit de grève, ni droit de se syndiquer.

    Enfin, l’ONU qualifie les ESAT d’établissements ségrégatifs, contraires à la convention internationale des droits des personnes handicapées.

    Il y a beaucoup d’articles sur le sujet si vous voulez vous renseigner, ou bien le livre « handicap a vendre » de Thibault Petit.

    Merci de votre attention,
    Cordialement,

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *